Posté le: Mar Avr 29, 2008 8:58 pm Sujet du message:
Emerson's disciple a écrit:
lequel?
Celui que tu indiques, à savoir "réactionnaire".
Emerson's disciple a écrit:
question non pas dans le but de réduire mais de s'interesser sur une de ses facette
Il est évidemment possible de s'intéresser à une des facettes de Nietzsche, mais alors on le rate ...
La pensée de Nietzsche se caractérise par un va-et-viens incessant entre une affirmation et son contraire. Nous pourrions par exemple dire à partir d'un extrait de son oeuvre qu'il est réactionnaire, mais un autre extrait affirme alors le contraire ailleurs.
À la question "Nietzsche est-il réactionnaire" nous sommes obligés de répondre simultanément par les quatre réponses suivantes :
Oui
Non
Les deux à la fois
Ni l'un, ni l'autre
Il est évidemment impossible de donner ces quatre réponses en même temps, c'est pouquoi la pensée de Nietzsche est si ouverte...
Posté le: Mar Avr 29, 2008 9:01 pm Sujet du message:
victor.digiorgi a écrit:
Emerson's disciple a écrit:
lequel?
Celui que tu indiques, à savoir "réactionnaire".
Emerson's disciple a écrit:
question non pas dans le but de réduire mais de s'interesser sur une de ses facette
Il est évidemment possible de s'intéresser à une des facettes de Nietzsche, mais alors on le rate ...
La pensée de Nietzsche se caractérise par un va-et-viens incessant entre une affirmation et son contraire. Nous pourrions par exemple dire à partir d'un extrait de son oeuvre qu'il est réactionnaire, mais un autre extrait affirme alors le contraire ailleurs.
À la question "Nietzsche est-il réactionnaire" nous sommes obligés de répondre simultanément par les quatre réponses suivantes
Oui
Non
Les deux à la fois
Ni l'un, ni l'autre
Il est évidemment impossible de donner ces quatre réponses en même temps, c'est pouquoi la pensée de Nietzsche est si ouverte...
Donne les l'une après l'autre, ça m'interresse
.
_________________ "Il m'est odieux de suivre autant que de guider"
Nietzsche.
Posté le: Mar Avr 29, 2008 9:39 pm Sujet du message:
numero19 a écrit:
Donne les l'une après l'autre, ça m'interresse
Pour te donner ces réponses une par une, il faudrait que je puise dans l'ensemble de l'oeuvre de Nietzsche pour en tirer des extraits pouvant les justifier une à une. Or d'une part, je n'ai pas ma bibliothèque sous la main (elle est à Toulouse et je suis de l'autre côté de l'Atlantique) et d'autre part ça reviendrait à citer les extraits choisis en les mettant hors contexte, ce qui reviendrait à trahir Nietzsche.
Mais si nous analysons simplement la signature que tu as choisi, nous y trouvons en condensé le principe de ce que nous développons ici.
"Il m'est odieux de suivre autant que de guider", nous dit Nietzsche.
Il place ainsi dans la même phrase le concept de berger et de mouton, ou si l'on préfère, celui de maître et d'esclave, qui lui est si cher.
Mais ce concept est une opposition. Et cette opposition est niée !
Nous avons donc dans cette simple phrase :
La notion de maîtrise.
La notion d'esclavage.
La notion de l'affirmation de l'existence de ces deux notions en opposition dans le monde.
La notion de la négation de ces deux notions par abolition de l'une comme de l'autre au sein de l'individu qui le veut.
Un vrai régal d'enchevêtrement inextricable de lignes de forces, de pensées et d'actions, en somme. (Avec une seule phrase ! ...)
Posté le: Mer Avr 30, 2008 10:24 am Sujet du message:
Très mauvais, je trouve. "Nietzsche réactionnaire": être réactionnaire suppose que l'on réagisse, et que l'on réagisse suppose quelque chose par rapport à quoi nous réagissons... "réactionnaire", tout court, ça peut vouloir dire tout et n'importe quoi. Et l'on dit assez bien assez n'importe quoi, par ici, pour qu'on se sente pas le besoin d'en rajouter encore... "Il m'est odieux de suivre autant que de guider.".... Nietzsche aurait écrit "Demain soir, je vais à la pêche et en passant j'irai à l'épicerie m'acheter un petit pain.", que t'aurais pu trouver le même "enchevêtrement inextricable", mystérieux et magique (tant que nous y sommes) qu'avec la phrase que tu as commentée... Bref. Amusez-vous bien.
Sexe: Inscrit le: 04 Fév 2008 Messages: 2116 Localisation: dans son terrier
Posté le: Mer Avr 30, 2008 10:43 am Sujet du message:
BobEponge a écrit:
"Nietzsche réactionnaire": être réactionnaire "réactionnaire", tout court, ça peut vouloir dire tout et n'importe quoi. Et l'on dit assez bien assez n'importe quoi, par ici, pour qu'on se sente pas le besoin d'en rajouter encore... "Il m'est odieux de suivre autant que de guider."...
Nietzsche est en effet le contraire de la réaction primaire, instinctive.. Il a cherché à mettre à plat, comprendre toutes les acceptions possibles du pibèbe-pensant !
C'est un être plus qu'élevé, qui ne s'est jamais rien approprié.... mais que l'on s'appropria... d'où votre question.... Le ON se l'est approprié. Ses héritiers en firent "marché".....
Lisez, lisez-le, si vous êtes apte, ainsi que Lui, à vous remettre en cause au quotidien, dans votre époque, dans la sienne.
La confusion que l'on entretien quant à lui, vient de celle des autres à ne rien POUVOIR entendre, ni comprendre -(soi, l'intime de soi)
Par ailleurs être réactionnaire ne devrait pas s'entendre de la manière simpliste uniquement dans le monde politique.
Réagir est un bon mouvement à toutes hideurs.....
Lisez, lisez NIETZSCHE, mais ne le survolez pas ! Entrez dans le ventre de ses dires et réflexions.
_________________ <Il ne neige que sur les sommets> Lao Tseu....
Sexe: Inscrit le: 04 Fév 2008 Messages: 2116 Localisation: dans son terrier
Posté le: Mer Avr 30, 2008 2:17 pm Sujet du message:
victor.digiorgi a écrit:
[C'est ce que je conseillerais exactement !
nous nous saisissons fort bien en cela ! La recherche très souvent maintenant, d'un auteur, d'une compréhension ne devrait s'acquérir qu'en survolant ou en ré-interprétant les propos d'autrui. C'est le drame... Pour tout d'ailleurs. Point d'initiation à comprendre.... Certes, cela demande du temps, du recul, du silence aussi. _________________ <Il ne neige que sur les sommets> Lao Tseu....
Posté le: Ven Mai 02, 2008 7:36 am Sujet du message:
.
Je conseillerais vivement de lire l'ensemble de l'oeuvre, y compris les textes posthumes.
Il faut néanmoins se méfier de l'ouvrage intitulé "La volonté de puissance", qui lui est attribué à tort car c'est une compilation de textes modifiés sans son accord et véhiculant des idées mensongères sur sa pensée.
Quant à l'ouvrage intitulé "Ainsi parlait Zarathoustra", j'éviterais les traductions anciennes, qui sont trop fumeuses. Je lirais la dernière version, traduite par Georges-Arthur Goldschmidt (éditeur : livre de poche). C'est de loin la meilleure.
Posté le: Ven Mai 02, 2008 8:02 am Sujet du message:
BobEponge a écrit:
"Il m'est odieux de suivre autant que de guider.".... Nietzsche aurait écrit "Demain soir, je vais à la pêche et en passant j'irai à l'épicerie m'acheter un petit pain.", que t'aurais pu trouver le même "enchevêtrement inextricable", mystérieux et magique (tant que nous y sommes) qu'avec la phrase que tu as commentée... Bref. Amusez-vous bien.
Oui, mais ça, "Demain soir, je vais à la pêche et en passant j'irai à l'épicerie m'acheter un petit pain", il ne l'a pas écrit, Nietzsche, justement, et tant que nous y sommes, disons qu'avec ta remarque nous n'y sommes justement pas !
Par contre, Nietzsche a bien écrit "Deviens celui que tu es", indiquant ainsi une opposition entre le Devenir et l'Être et une antinomie à détruire entre ces deux concepts, qu'il reprend dans l'ensemble de son oeuvre par une opposition et une tentative de réconciliation entre Dionysos et Apollon.
Il a bien écrit également "En tant que mon propre père, je suis déjà mort, mais en tant que ma propre mère, je suis encore vivant", indiquant là aussi une opposition et une synthèse simultanées de deux antinomies, à savoir celle du père et de la mère et celle de la mort et de la vie.
Il a bien écrit aussi "L'adulte met autant de sérieux dans ses jeux que lorsqu'il était enfant", indiquant là encore une opposition et une synthèse simultanées entre l'âge mûr et l'enfance ainsi qu'entre le sérieux et le jeu.
Cela dit, je vais suivre ton conseil et m'amuser sur le mode nietzschéen en te disant que si tu ne passes pas par ici, je te salue bien bas, mais que si tu y passes, je ne te salue pas ...
Posté le: Dim Mai 04, 2008 4:21 pm Sujet du message:
réactionnaire dans le sens ou il a légitimé le principe inefable du narcissisme : je fais ce que je veux, l'opprobre étant forcément la source du dégout éventuel que je me voue.
Sexe: Inscrit le: 04 Fév 2008 Messages: 2116 Localisation: dans son terrier
Posté le: Dim Mai 04, 2008 4:37 pm Sujet du message:
victor.digiorgi a écrit:
Par contre, Nietzsche a bien écrit "Deviens celui que tu es",
Ici c'est la franc-maçonnerie qui lui enseigna ce principe - fondamental - dans un premier temps, mais pervers si l'on s'y tient ensuite. Que de divorces, que de ruptures, que de tromperies engendrèrent ce principe.
Souvent ainsi certains nient, rejettent ce qu'il avaient sacralisé autrefois, avant - ce fameux "Deviens toi-même". Le bout de la vie est spiritualiste, la maçonnerie y prétend en démolisant, faisant table rase des acquis antérieurs, même si elle prend sa verité dans les mêmes livres de référence que ceux de la religion qu'ils rejettent.
Ce fut un homme fabuleux, un penseur vaste, ample, cela dit se méfier de tout prendre en bloc, sans sa propre analyse. C'est nous qui nous sauvons. Personne d'autre. Le nénuphar s'éclot en nous, pas sur des eaux dormantes.
_________________ _________________ <Il ne neige que sur les sommets> Lao Tseu....
Posté le: Dim Mai 04, 2008 6:28 pm Sujet du message:
.
Pour approfondir un peu :
L'expression "Deviens ce que tu es", qui est de Pindare, poète grec, amène à poser deux principes préalables en fonction du caractère déterministe ou non déterministe du monde :
1) Si le monde est déterministe, nous n'avons pas le choix : nous ne pouvons être autre chose que ce que nous sommes, nous ne pouvons pas devenir ce que nous ne sommes pas.
2) Si le monde n'est pas déterministe, nous avons la possibilité de "devenir ce que l'on n'est pas". Mais de nombreux choix sont offerts parmi toutes les possibilités de "ce que l'on n'est pas". Nietzsche considère que cette forme de liberté est une invention de la chrétienté. Puisque la possibilité de faire le "bon" choix, mais aussi le "mauvais", est offerte, il arrive de faire "le mauvais choix" et donc de ressentir la culpabilité qui accompagne une telle erreur.
Le "Deviens ce que tu es" Nietzschéen propose une troisième voie : celle d'une vraie liberté consistant non seulement à ne pas renier ce que l'on est mais à y adhérer. Toute pensée étant une action exercée sur un espace et un temps, elle est un devenir. En conséquence, adhérer à ce que l'on est équivaut à le devenir.
Pour conclure, le "Deviens celui que tu es" est un ordre donné par soi à soi sous la forme d'une synthèse maître-esclave réalisée en soi, par soi, pour soi. Rien n'empêche d'ailleurs cet individualisme d'être un altruisme sous la forme d'un exemple donné (entre autres par Nietzsche).
Posté le: Dim Mai 04, 2008 7:05 pm Sujet du message:
qui doutera que le narcissisme passe necaissairement par une phase presqu'accidentelle d'individualisation...
qui n'a pas constaté qu'il y a des individus affirmés qui affectionnent la société humaine...et d'autres qui la méprisent...
la quatrième voie va un peu dans ce sens là, en fait, il n'y a pas un seul bouquin de ce grand philantrope barbu qui ne traite pas de la répugnance du reste de la société humaine... (les femmes, les érudits, les poetes, les pauvres, les riches, les ci les là sont évidemment concernés)
respecte t- il au moins le surhomme ?
encore faudrait - il qu'il en ait rencontré...
la réponse, il nous la donne dans "ainsi parlait zarathoustra".
se réaliser est une chose, le faire dans la négation des autres en est une toute autre.
mais écoutons ses idolatres nous parler de ses mots, vous sentirez combien la conception de la plebe devient subitement, sous l'effet du temps semble t- il, un matériau intellectuel très malléable, qui rétrécit ou s'élargit en fonction du public à séduire...
Sexe: Inscrit le: 09 Mai 2008 Messages: 226 Localisation: Quelque part entre ici et ailleurs
Posté le: Ven Mai 09, 2008 9:56 pm Sujet du message:
Bonjour,
Je m'interroge sur la matière et l'énergie.
Nietzsche pense que rien Est. Rien n'est fixe. Tout est en mutation perpétuel. Tout est énergie, tout est changement. Nietzsche rejette le concept d'essence qui designe ce qui demeure identique à soi même, donc qui ignore le devenir (amor fati)
La matière, elle peut être fixe. (sauf erreur de ma part) Nietzsche la rejette il au même titre que l'essence ? Peut on trouver "un compromis" entre énergie et matière?
Quelqu'un peut il m'éclairer? SVP _________________ "La seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien " Socrate