Sexe: Inscrit le: 13 Mar 2008 Messages: 387 Localisation: Paris
Posté le: Sam Mar 22, 2008 9:47 pm Sujet du message: Edit de tolérance
Je chope un peu le titre concernant la révocation de l'édit de Nantes !
Il s'agit d'un édit pris par Louis XVI en 1787.
Il m'a intéressé car en histoire du droit on a étudié cela sous un angle tout à fait différent de ce qui est dit dans les manuels d'histoire du lycée.
En effet on apprend généralement que cet édit a plutot permis un retour à la paix religieuse...mais en réalité on a pu voir que malgré la permission donnée aux protestants (pas aux autres religions minoritaires d'alors) d'accéder à l'état civil, ils restaient néanmoins privés de l'accès aux hautes magistratures et à de nombreuses professions.
Qu'en pensez vous tout d'abord? Signe d'une réelle avancée ou simple manoeuvre politique mineure?
Et ensuite: avez vous des connaissances différentes de celles avancées par mon professeur? D'autres applications?
D'avance merci,
Al. _________________ "Il y a des livres dont le dos et les plats sont de beaucoup ce qu'ils ont de meilleur"
Posté le: Mar Avr 08, 2008 4:41 pm Sujet du message:
je suis assez d'accord avec ce que tu as vu en histoire de droit je pense que c'etait une simple manoeuvre politique pour ramene a la paix dans le pays (paix provisoire puisque deux ans apres revolution)
voila se que j'en pense
interessant comme sujet _________________ La femme est l'avenir de l'homme, alors madame, revenez demain.
Posté le: Mar Avr 29, 2008 3:09 pm Sujet du message:
Heu la révocation de l'Edit de Nantes a été pris par Louis XIV en 1685 qui a fait fuir beaucoup de protestants vers le nouveau monde.
Quand à l'Edit de tolérance, c'est évidement une manœuvre politique et économique car les protestants étaient les entrepreneurs, les banquiers, les manufacturiers. Or la France était dans une situation économique catastrophique.
Posté le: Jeu Aoû 28, 2008 7:12 pm Sujet du message: Re: Edit de tolérance
Alexico a écrit:
Je chope un peu le titre concernant la révocation de l'édit de Nantes !
Il s'agit d'un édit pris par Louis XVI en 1787.
Il m'a intéressé car en histoire du droit on a étudié cela sous un angle tout à fait différent de ce qui est dit dans les manuels d'histoire du lycée.
En effet on apprend généralement que cet édit a plutot permis un retour à la paix religieuse...mais en réalité on a pu voir que malgré la permission donnée aux protestants (pas aux autres religions minoritaires d'alors) d'accéder à l'état civil, ils restaient néanmoins privés de l'accès aux hautes magistratures et à de nombreuses professions.
Qu'en pensez vous tout d'abord? Signe d'une réelle avancée ou simple manoeuvre politique mineure?
Et ensuite: avez vous des connaissances différentes de celles avancées par mon professeur? D'autres applications?
D'avance merci,
Al.
Bonjour,
L'édit explique lui-même le but poursuivi : la religion catholique est et restera la religion officielle du royaume, elle continuera à jouir seule des droits et des honneurs du culte public, tandis que les non catholiques resteront privés de toute influence sur l’ordre établi et incapables de faire corps dans le royaume.
L'édit de tolérance entend seulement leur accorder ce que le droit naturel ne permet pas de leur refuser : de faire constater leurs naissances, leurs mariages et leurs morts, afin qu'ils puissent jouir comme tout le monde des effets civils qui en résultent.
Voici un extrait de l'édit en question.
Citation:
Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre : à tous présents et à venir ; salut.
Lorsque Louis XIV défendit solennellement dans tous les pays et terres de son obéissance, l’exercice public de toute autre religion que la religion catholique, l’espoir d’amener ses peuples à l’unité si désirable du même culte, soutenu par de trompeuses apparences de conversions, empêcha ce grand roi de suivre les plans qu’il avait formés dans ses conseils, pour constater légalement l’état civil de ceux de ses sujets qui ne pouvaient pas être admis aux sacrements de l’église, à l’exemple de nos augustes prédécesseurs, nous favoriserons toujours de tout notre pouvoir les moyens d’instruction et de persuasion qui tendront à lier tous nos sujets par la profession commune de l’ancienne foi de notre royaume, et nous proscrirons, avec la plus sévère attention, toutes ces voies de violences qui sont aussi contraire aux voies de la raison et de l’humanité, qu’au véritable esprit du christianisme.
Mais en attendant que la divine Providence bénisse nos efforts et opère cette heureuse révolution, notre justice et l’intérêt du royaume ne nous permettent pas d’exclure plus longtemps, des droits de l’état civil ceux de nos sujets ou des étrangers domiciliés dans notre empire, qui ne professent point la religion catholique. Une assez longue expérience a démontré que ces épreuves rigoureuses étaient insuffisantes pour les convertir : nous ne devons donc plus souffrir que nos lois les punissent inutilement du malheur de leur naissance, en les privant des droits que la nature ne cesse de réclamer en leur faveur.
Nous avons considéré que les protestants, ainsi dépouillés de toute existence légale, étaient placés dans l’alternative inévitable, ou de profaner les sacrement par des conversions simulées, ou de compromettre l’état de leurs enfants, en contractant des mariages frappés d’avance de nullité par la législation de notre royaume. Les ordonnances ont même supposé qu’il n’y avait plus que des catholiques dans nos états, et cette fiction, aujourd’hui inadmissible a servi au silence de la loi, qui n’aurait pu reconnaître en France des prosélytes d’une autre croyance, sans les proscrire des terres de notre domination, ou sans pourvoir aussitôt à leur état civil.
Des principes si contraire à la prospérité et à la tranquillité de notre royaume, auraient multiplié les émigrations, et auraient excité des troubles continuels dans les familles, si nous n’avions pas profité provisoirement de la jurisprudence de nos tribunaux, pour écarter les collatéraux avides qui disputaient aux enfants l’héritage de leurs pères.
Un pareil ordre des choses sollicitait depuis longtemps notre autorité de mettre un terme entre ces dangereuses contradictions entre les droits de la nature et les disposition de la loi. (...)
S’il n’est pas en notre pouvoir d’empêcher qu’il n’y ait différentes sectes dans nos états, nous ne souffrirons jamais qu’elles puissent y être une source de discorde entre nos sujets. Nous avons pris les mesures les plus efficaces pour prévenir de funestes associations.
La religion catholique, que nous avons le bonheur de professer, jouira seule, dans notre royaume, des droits et des honneurs du culte public, tandis que nos autres sujets non catholiques, privés de toute influence sur l’ordre établi dans nos états, déclarés d’avance et à jamais incapables de faire corps dans notre royaume, soumis à la police ordinaire pour l’observation des fêtes, ne tiendront de la loi que ce que le droit naturel ne nous permet pas de leur refuser, de faire constater leurs naissances, leurs mariages et leurs morts, afin de jouir, comme tous nos autres sujets des effets civils qui en résultent. A ces causes etc…
Le texte complet peut être lu ici : Édit de Versailles (7 novembre 1787) dit Édit de Tolérance _________________ L'histoire justifie ce que l'on veut. Elle n'enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout, et donne des exemples de tout. (P. Valéry)