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Jacques Camus : ses éditoriaux

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MessagePosté le: Ven Fév 22, 2008 12:53 pm    Sujet du message: Jacques Camus : ses éditoriaux Répondre en citant

Chaque jour, je me propose de vous transmettre les éditoriaux de Jacques Camus journaliste à La République du Centre


Suicidaire mais pas sectaire
Publié le 22 février 2008 - 09:20
Nicolas Sarkozy serait-il suicidaire? Pendant combien de temps encore va-t-il laisser ses conseillers dégoupiller des grenades qui lui pètent finalement au nez en déboussolant l’opinion ? Quel besoin éprouve-t-il de « miner » la campagne des municipales en multipliant l’évocation des sujets, sans rapport avec le scrutin, qui fâchent ou qui divisentla communauté nationale ? Pourquoi met-il autant d’acharnement à justifier les appels passéistes à la mobilisation des « laïcards » ou les grandiloquentes invites de quelques aigris à la « vigilance républicaine » ? Cette fois, après les propos sur les sectes de sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, on a envie d’écire: ça suffit ! Assez de polémiques inutiles. Assez du ressassement obsessionnel sur la religion et la laïcité. Assez, également et surtout, de l’empiètement incessant des éminences grises élyséenes sur le domaine réservé au gouvernement et aux parlementaires. C’est à l’exécutif et aux élus qu’il appartient d’impulser et d’animer les débats démocratiques dans le respect du fonctionnement des institutions. Si Emmanuelle Mignon a réellement tenu les propos que VSD lui prête, il incombe à Nicolas Sarkozy d’obtenir sa démission. Quand le chef de l’État comprendra-t-il que le brouhaha qu’il suscite rend son action inaudible ? Les Français, y compris ceux qui ont voté pour lui, ne comprennent plus Nicolas Sarkozy. Une seule chose est rassurante: à défaut de savoir si Nicolas Sarkozy est réellement suicidaire, on est certain qu’il n’est pas sectaire. Sinon, il ne mettrait pas autant d’obstination à mettre la droite en difficulté en vue des municipales.
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MessagePosté le: Sam Fév 23, 2008 11:44 am    Sujet du message: Répondre en citant

Sur le plancher des vaches
Publié le 23 février 2008 - 11:15
Foin des polémiques philosophico-religieuses ! Retour sur le «plancher des vaches» pour Nicolas Sarkozy qui inaugure ce matin le 45e Salon de l’agriculture à Paris. Un Salon avec ses veaux, ses chèvres, ses cochons mais... sans Jacques Chirac. Donc un Salon pas tout à fait comme les autres.

Qu’on se rassure cependant: l’ancien chef de l’État effectuera une visite, qu’il souhaite « discrète », mardi prochain. Après quarante années d’une indéfectible fidélité, on n’abandonne pas ainsi ses « attaches » paysannes. En attendant, Nicolas Sarkozy, sans rester pour autant les deux pieds dans le même sabot, déclinera la rupture à sa façon. Point d’interminables déambulations entre les stands ni de gourmandes dégustations en échangeant des propos à la volée.

La visite de Nicolas Sarkozy au Salon ne durera pas beaucoup plus d’une heure qu’il utilisera, pour l’essentiel, à prononcer un discours sur la future réforme de la PAC. La chance du chef de l’État sera d’intervenir dans un climat globalement serein, malgré le dossier des OGM. Le traditionnel lamento des agriculteurs a été mis en sourdine. La flambée des cours du blé (250 euros la tonne en janvier dernier contre 90 euros en janvier 2006) a redonné le sourire dans les fermes.

Certes la bonne fortune des céréaliers ne fait pas celle des éleveurs bovins et porcins. Mais le principal revers de la médaille est encore ailleurs. L’augmentation des prix agricoles donne du grain à moudre à ceux qui, en Europe, plaident pour un abandon pur et simple de la dispendieuse PAC. Nicolas Sarkozy devra donc rassurer ceux qui ne font pas encore de lui le digne héritier de Chirac.
Jacques Camus
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MessagePosté le: Lun Fév 25, 2008 10:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

Gros mots et vrais remèdes
Publié le 25 février 2008 - 09:09
Ce ne sont pas vraiment des propos... de salon qu’a tenus Nicolas Sarkozy, samedi, à la porte de Versailles. Apostrophé sans égards par un visiteur dans les allées de la « plus grande ferme de France », le chef de l’État a riposté d’un cinglant « Casse-toi, pauvre c... », qui sied mal à la dignité de la fonction. Il n’en fallait pas plus pour déclencher la polémique. Nombreux sont ceux qui vont, une fois de plus, déplorer l’enlisement du débat dans le puant lisier politicien. Déjà, les casques bleus de la majorité, Raffarin en tête, crient au harcèlement du président et dénoncent l’exploitation d’un « dialogue privé ». Douce rigolade! Il arrive un moment où il convient plutôt de se poser les vraies questions. Dans son rôle, Nicolas Sarkozy ne doit-il pas faire preuve de contrôle et de sang-froid face aux provocateurs ? Bien sûr que l’outrage au chef de l’État n’est pas acceptable et qu’il convient d’y répondre. Mais en employant un autre ton et en adoptant une autre attitude. Être exemplaire, ce n’est pas jouer les « gros bras » avec le premier contestataire venu, qu’il soit marin- pêcheur ou autre. Comment prôner ardemment la République du respect (ce respect qu’on veut, par exemple, inculquer aux enfants envers leurs profs), si l’on s’abandonne aussi prestement à l’insulte ? Adepte du tutoiement facile et du copinage ostensible, Nicolas Sarkozy, le tout premier, a contribué à cette perte de distance qui désacralise la fonction. Comme en témoigne l’écart qui se creuse avec François Fillon dans les sondages. Sarkozy doit davantage corriger son style que sa politique. Aux gros mots, les Français préféreraient les vrais remèdes.


Jacques Camus
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MessagePosté le: Mar Fév 26, 2008 10:00 am    Sujet du message: Répondre en citant

Editorial
Un hymne à l’amour
Publié le 26 février 2008 - 09:20
C’EST un «Grand Chelem cinématographique» sans précédent! Marion Cotillard a subjugué tous les jurys, toutes les académies, pour rafler les plus prestigieuses récompenses de l’univers du septième art: un Golden Globe, un Bafta (britannique), un César et un Oscar. Et notre époustouflante «môme Piaf» orléanaise permet à la France vaguement dépressive des salles obscures de se faire un cinéma pas possible. On se lamentait sur le sort des indépendants dévorés par les boulimiques multiplexes. On pleurait sur la pauvreté de notre cinéma d’auteur triste comme un film sans fin. Et voilà que «La Môme» a crevé l’écran géant de notre désenchantement. Un film à succès, assurément (plus de 6 millions de spectateurs dans le monde). Un film non dépourvu de force narrative, sans doute. Mais, aussi et surtout, un film d’acteur (ou plutôt d’actrice). Parce «La Môme» est d’abord une formidable perfomance de comédienne. Pendant le tournage, cinq heures de maquillage quotidien ont permis à Marion Cotillard de changer de peau, de rentrer dans celle de son personnage. Marion Cotillard est «sortie de sa vie» pour devenir Edith Piaf. De ce rôle si parfaitement «habité», il lui restera sûrement bien plus que les trophées qu’elle a reçus. C’est précisément le défi qui l’attend désormais: assumer le poids d’une fulgurante consécration. Car si Marion Cotillard est beaucoup plus qu’une débutante, elle n’est pas encore l’une de ces stars mythiques du cinéma. On dira simplement que son touchant «hymne à l’amour», entre rires et larmes sur la scène hollywoodienne, lui promet d’autres lendemains qui chantent.

Jacques Camus
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MessagePosté le: Mer Fév 27, 2008 10:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

Editorial
Le pouvoir de rachat
Publié le 27 février 2008 - 09:20
Depuis hier, la chasse aux prix excessifs des produits alimentaires est ouverte, à grands renforts de sommations gouvernementales. François Fillon a en effet décidé de lâcher les «pisteurs» de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence et de la consommation) dans les allées des six principales enseignes de la grande distribution. Il leur appartient de traquer les prix inflationnistes d’une vingtaine de produits alimentaires courants. Et pas question de rentrer bredouille. D’ici à la fin de la semaine, le «butin» sera analysé. C’est que, cette fois, il s’agit pour l’exécutif de démontrer qu’il a pris conscience de l’ampleur du problème. Bien sûr, on nous dira que l’approche des municipales n’est pour rien dans cette opération «coup de poing». Mais on soulignera quand même qu’il a fallu le coup de semonce constitué par l’enquête du mensuel «60 millions de consommateurs» pour que nos dirigeants sortent enfin du bois. Cela faisait des mois que les professionnels de l’agro-alimentaire avaient tiré la sonnette d’alarme sur une probable flambée des prix des produits alimentaires. Depuis, le renchérissement du «panier de la ménagère» n’a cessé de confirmer ces prévisions. Alors pourquoi avoir tant attendupour prétendre mettre fin à la loi de la jungle commerciale? Pourquoi vouloir réformer dans un climat passionné, en oubliant qu’une partie du problème tient à la conjoncture mondiale? Le risque est grand de générer chez les consommateurs des attentes qui seront déçues. Tout cela parce que Nicolas Sarkozy, en difficulté, aura confondu pouvoir d’achat et... pouvoir de rachat.

Jacques Camus
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MessagePosté le: Ven Fév 29, 2008 10:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

Editorial
Otage des calculs politiques
Publié le 29 février 2008 - 09:20

Le 10 janvier dernier, les libérations par les Farc de Clara Rojas, l’ex-assistante d’Ingrid Betancourt, et de Consuelo Gonzalez, avaient engendré un formidable espoir. Hier, le nouveau «geste» des guerilléros? en faveur de quatre parlementaires, sequestrés depuis six ans, a suscité à l’inverse une terrible angoisse. C’est que l’un des otages libérés a donné des nouvelles très inquiétantes d’Ingrid Betancourt, gravement malade et maltraitée par les Farc. Au point qu’après avoir cru, en début d’année, à l’imminence d’un heureux dénouement, on redoute désormais une issue fatale pour elle. Dans ce climat de dramatisation, les appels à une libération humanitaire en urgence se sont multipliés. On ne peut évidemment qu’y souscrire même si, dans un terrible paradoxe, cette nécessaire médiatisation fait d’Ingrid Betancourt un «butin» infiniment précieux pour les guerilléros. On voit bien qu’ils sont prêts à en tirer le maximum, jusqu’à mettre sa vie en péril. Ingrid Betancourt est désormais la dernière femme politique prisonnière des Farc. Mais il ne faudrait pas qu’elle devienne, en plus, l’otage des calculs des uns et des autres. La libération d’Ingrid Betancourt ne saurait constituer un «coup politique», pour qui que ce soit. Même pour Nicolas Sarkozy qui se dit prêt à aller la chercher. Non! Sauver Ingrid Betancourt ne sera un «exploit» pour personne. Surtout pas pour les Farc qui n’ont pas à être remerciés de tant de cruauté. Pas plus pour Hugo Chavez, le président vénézuélien, qui veut que le statut de «force belligérante» soit octroyé à des terroristes. Encore non! On ne demande q’une chose: que chacun fasse son devoir. Simplement.
Jacques Camus
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MessagePosté le: Sam Mar 01, 2008 9:59 am    Sujet du message: Répondre en citant

Un pouvoir à deux têtes
Publié le 01 mars 2008 - 09:09



En déposant majoritairement dimanche dans les urnes un bulletin au nom de Dmitri Medvedev, les Russes voteront en réalité pour... Vladimir Poutine. Curieux scrutin présidentiel , en vérité, qui ne servira qu’à adouber le dauphin de Poutine dans une parodie démocratique.

C’est qu’avant d’être accessoirement élu, Medvedev a d’abord été désigné par son «patron». En fait, la présidentielle s’est jouée le 2 décembre dernier à l’occasion des législatives remportées par le parti de Vladimir Poutine. Le président sortant, constitutionnellement interdit de 3e mandat consécutif, y a trouvé les moyens de conserver le pouvoir... autrement.

Mais c’est justement sur cet «autrement» que s’interrogent tous les observateurs, même si les Russes veulent croire en la viabilité du «ticket» Medvedev-Poutine. Le partage du pouvoir n’est guère dans la tradition russe et l’on a déjà pu noter des déclarations contradictoires des deux «amis de seize ans». Medvedev plaide pour un «pouvoir présidentiel fort» quand Poutine décrète que le «pouvoir exécutif suprême, c’est le chef du gouvernement». Pendant combien de temps le débonnaire Medvedev, surnommé le «nanoprésident» en raison de sa petite taille, supportera-t-il la férule de l’ancien «kagébiste»?

Libéral et plutôt tourné vers l’Occident, Medvedev infléchira-t-il la ligne dure et nationaliste de Poutine? Le nouveau président usera-t-il de la «diplomatie gazière» pour peser sur la scène internationale? Surveillé au Kremlin par les réseaux secrets de Poutine, Dmitri Medvedev aura du mal à concurrencer celui qui le dépasse de beaucoup plus qu’une tête!

Jacques Camus
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MessagePosté le: Sam Mar 01, 2008 2:09 pm    Sujet du message: Presse Répondre en citant

Le temps, la société, les états, fonctionnent avec avancées puis reculs et de ces pas menus, le monde grignotte quelques millimètres de supposée liberté.
L'homme est ici bas pour se connaître, se parfaire, et tendre à faire le mieux possible, que laisse-t-il derrière lui, un meilleur espéré....
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MessagePosté le: Lun Mar 03, 2008 9:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

La petite « Dame de fer »
Publié le 03 mars 2008 - 09:28
C’est un véritable épreuve de force que vient d’engager la frêle (mais volontaire) Laurence Parisot, la « petite Dame de fer » du Medef, avec la puissante fédération de l’industrie. L’affaire du «pacte d’omerta» négocié par l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) avec son ancien président Denis Gautier-Sauvagnac, soupçonné d’avoir détourné sans autorisation 19 millions d’euros entre 2000 et 2007, vire au vilain réglement de comptes au sein du patronat. On se demande même par quels moyens vont pouvoir être « fluidifiés » les rapports entre Laurence Parisot et la principale fédération patronale, prestigieuse héritière du comité des Forges. Après avoir difficilement encaissé le « choc », plusieurs représentants des entreprises industrielles ont décidé de passer à la contre-attaque en dénonçant une « OPA sur l’UIMM » et l’outrance des propos de Laurence Parisot qui aurait «perdu son sang-froid». En tout cas, en demandant aux élus de l’UIMM d’abandonner tous leurs mandats de représentation au nom du Medef dans les organismes paritaires nationaux, Laurence Parisot se lance dans une opération « patrons propres » prenant l’allure d’un affrontement entre patronat moderne du XXIème siècle contre patronat archaïque du début du XXème. Reste à savoir si ce tumulte débouchera sur de vrais changements et surtout sur la révélation de la vérité. Car on a le sentiment qu’il y a beaucoup de tartufferie chez ceux qui poussent les plus véhéments cris d’orfraie. Au fond, il n’y a jamais de corrupteurs sans corrompus. Les gros sabots de l’UIMM font peut-être écran à ceux qui, dans ce scandale, marchent sur des œufs.
Jacques Camus
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MessagePosté le: Mar Mar 04, 2008 10:05 am    Sujet du message: Répondre en citant

Editorial
Le super «Texas Tuesday»
Publié le 04 mars 2008 - 09:20

LE duel à l’investiture démocrate, en vue de la présidentielle américaine, pourrait bien prendre un tour décisif la nuit prochaine. Hillary Clinton va en effet jouer très gros dans les primaires du Texas. L’ex «first lady» les aborde en position plus que délicate après avoir enregistré onze défaites consécutives face à un Barak Obama porté par une formidable dynamique. Alors qu’Hillary Clinton avait un moment imaginé que le «super Tuesday» du 5 février dernier la consacrerait avant l’heure, elle redoute désormais que le «Texas Tuesday» ne scelle définitivement son élimination. En un mois, le sénateur de l’Illinois a totalement renversé la vapeur. A tel point que certains de ses proches, recommandent à Hillary Clinton d’abandonner la course, si d’aventure elle s’inclinait à nouveau dans les heures qui viennent. Voilà pourquoi l’épouse de l’ancien président, consciente de l’enjeu, a jeté toutes ses forces dans la bataille sans trop lésiner sur les moyens. Quitte à paraître agressive. Peine perdue. Rien ne semble devoir altérer l’image idéalisée de Barak Obama. Il a fait de son métissage un formidable symbole de rassemblement. A la fois Noir et Blanc, il a dépassé la question raciale. Ayant étudié dans une école à majorité musulmane et appartenant à une Église chrérienne, il a transcendé la question religieuse. Démocrate sans être hostile aux républicains modérés, il a rejeté le sectarisme. Au fond Barak Obama incarne l’aspiration des Américains à un monde meilleur. Cela ne fait pas vraiment un programme mais ce sont de belles promesses sur lesquelles a buté le pragmatisme froid d’Hillary Clinton.

Jacques Camus
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MessagePosté le: Mer Mar 05, 2008 9:49 am    Sujet du message: Répondre en citant

Souffler sur les braises
Publié le 05 mars 2008 - 09:25

Et les otages dans tout ça ? Et Ingrid Betancourt ? La grave crise diplomatique qui vient d’éclater entre la Colombie et ses voisins de l’Équateur et du Vénézuela relègue un peu plus les prisonniers des Farc dans leur tragique isolement. Plus que jamais, les otages deviennent les malheureuses victimes d’un conflit qui les dépasse. Et l’on enrage de constater que la dégradation de la situation fait le jeu des guérilleros. Eux seuls, en effet, ont intérêt à une dérive belliciste qui détourne les regards de leurs propres exactions. C’est pour cela que l’on en veut beaucoup à tous les protagonistes de cette dangereuse escalade et à tous ceux qui soufflent sur les braises au lieu de les étouffer. Personne n’a le beau rôle dans ce bras de fer faisant peu de cas des otages. On veut bien comprendre l’irritation du président colombien Uribe devant la complaisance affichée par beaucoup envers les terroristes des Farc. Rien ne le contraignait pourtant à cette opération militaire en territoire équatorien, au moment où les médiateurs internationaux négociaient une éventuelle libération d’otages, dont Ingrid Betancourt. Cela ressemblait un peu trop à du « sabotage humanitaire ». On n’exonérera pas non plus de toute responsabilité les présidents vénézuélien et équatorien, grandement suspects de provocations et de soutien aux Farc. Alors ? Une pression internationale s’impose pour éviter l’installation d’un nouveau « Moyen Orient » en Amérique latine. Mais encore faudrait-il que George Bush, ici comme ailleurs, encourage les gestes de paix plutôt que les « actions fortes » irréfléchies.

Jacques Camus
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MessagePosté le: Jeu Mar 06, 2008 8:48 am    Sujet du message: Répondre en citant

Editorial
Pourquoi viens-tu si tard ?
Publié le 06 mars 2008 - 09:20

Et s’il était trop tard ? Oui, et s’il était trop tard pour que Nicolas Sarkozy puisse éviter à la droite une amère défaite aux municipales ? En tout cas, il aura fallu bien du temps au chef de l’État pour tirer les leçons d’une avalanche de sondages défavorables. On ne comprend pas que ce champion incontesté de la communication, si habile manieur d’opinion, ait autant attendu pour corriger le tir et rectifier son attitude. C’est donc à l’approche du premier tour des municipales que Nicolas Sarkozy semble s’être résolu à revenir aux fondamentaux: parler de son action plutôt que de faire parler de lui. Alors, vous avez remarqué ? Depuis quelques jours, les conseillers élyséens sont devenus muets, évitant les déclarations intempestives dans les médias. Plus la moindre idée saugrenue livrée en pâture à l’opinion. Plus la moindre dérive « people » non plus. Plus de tapageuses rumeurs sur des relations tendues avec François Fillon ni sur un vaste chambardement ministériel. Le retour aux fondamentaux, c’est le retour aux explications rassurantes à destination d’une opinion déboussolée. Hier, devant l’Association des moyennes entreprises familiales, Nicolas Sarkozy a annoncé des résultats « sans précédent » dans sa lutte contre le chômage. Aujourd’hui, dans une interview au « Figaro », il tresse des couronnes de lauriers à son Premier ministre, le «meilleur pour mettre en œuvre» sa politique, et précise qu’il n’y aura pas de grand remaniement ministériel après les municipales. En fait, le seul « remaniement » affectera Nicolas Sarkozy lui-même, contraint à une remise en cause personnelle. C’est bien. Mais pourquoi si tard ?

Jacques Camus


Dernière édition par Invité le Jeu Mar 06, 2008 9:36 am; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu Mar 06, 2008 9:08 am    Sujet du message: Presse Répondre en citant

Dommage ! <sourire>
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MessagePosté le: Ven Mar 07, 2008 9:37 am    Sujet du message: Répondre en citant

Faire parler les chiffres
Publié le 07 mars 2008 - 09:20

Alors, cette baisse du chômage ? Est-ce que c’est une «très bonne nouvelle», comme l’a souligné Nicolas Sarkozy, seulement une «bonne nouvelle», comme l’a concédé François Hollande, ou une «fausse bonne nouvelle» comme l’ont sévèrement qualifiée les Verts? Décidément, jamais la classe politique ne parviendra à s’accorder sur l’interprétation des chiffres. On pourrait pourtant croire qu’ils parlent d’eux-mêmes. Surtout quand ils revêtent un caractère historique. Au quatrième semestre 2007, le chômage a bel et bien reculé à 7,5% de la population active en France métropolitaine. Du jamais vu depuis 25 ans! Seulement voilà, ces éloquentes statistiques de l’Insee présentent une faiblesse. Elles ont été révélées à trois jours d’un scrutin municipal mal engagé pour la droite. Il n’en faut pas plus, bien sûr, pour attiser la suspicion. Il fut un temps pas si lointain où de tels résultats, en matière de lutte contre le chômage, vous auraient valu toutes les victoires électorales possibles et imaginables. Aujourd’hui, ils ne suffiront peut-être pas à éviter la défaite pour la droite. Il est certain que les départs en retraite et les emplois à temps partiel ou peu qualifiés contribuent à l’amélioration du marché du travail. Mais tous les gouvernements, de gauche comme de droite, ont eu recours à des palliatifs. Du coup, et sans considérer que «seul le résultat compte», on pourrait attendre un peu plus de fair-play de l’opposition. Au PS, certains ont dénoncé «l’autosatisfaction déplacée» du gouvernement qui ne serait pour rien dans la baisse du chômage. A les en croire, il ne serait donc responsable que lorsqu’il augmente. Un peu facile !
Jacques Camus
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MessagePosté le: Ven Mar 07, 2008 9:55 am    Sujet du message: Presse Répondre en citant

Et je me souviens de Martine AUBRY (initiatrice de 35 h) à l'Assemblée Nationale, égrainer de jour en jour, que le chômage régressait, que c'était formidable, elle implantait l'apathie générale sournoisement, comme remède. Elle aboyait fort la Dame à l'époque pour imposer le "fameux" progrès. Pendant ce temps, pour ce fameux "bien", les salaires ont été bloqués - à tout jamais - enfin longtemps....
(J'ai tjrs été de gauche, rassurez-vous,- quant à présent - mais les erreurs sont des erreurs, de quelque bord qu'elles soient)..

L'aménité n'est pas le monde politique, puisque dual par principe....
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MessagePosté le: Sam Mar 08, 2008 11:23 am    Sujet du message: Répondre en citant

Local par-ci, national par-là
Publié le 08 mars 2008 - 09:52

Demain, ce sera donc le premier tour de la « fête des maires ». Oui, avant de disserter à l’infini sur les enjeux nationaux ou locaux de ces élections municipales, commençons donc par rendre hommage aux innombrables candidats qui brigueront les suffrages de leurs concitoyens dans les 36.679 communes de France.
La confiance qu’accordent les administrés à leurs édiles locaux est amplement justifiée. Dans l’immense majorité des petites localités, on votera donc pour des gens sans étiquette mais non sans mérites, se dévouant à la cause commune, ou communale. Cela devant être dit, on ne saurait non plus gommer l’impact national du scrutin à travers les résultats qui seront enregistrés dans les grandes villes.
Et toute la question est de savoir quel sera « l’effet Sarkozy » sur les intentions de vote. Selon une enquête BVA-Orange pour « L’Express », 50% des Français (contre 43%) sont prêts à lui faire «porter le chapeau» d’une défaite de la droite. Pour l’Insee et « Le Monde », 21% des électeurs entendent sanctionner la politique de Sarkozy et du gouvernement. Ce que semble contredire la bonne cote de François Fillon, incarnation, précisément, de la politique sarkozienne.
D’où une élémentaire prudence (y compris à gauche) accentuée par le brouillage qu’engendre l’ouverture tous azimuts. Rarement, les grands candidats ont aussi peu brandi les bannières partisanes. C’est que la recomposition est toujours en marche.
Seule chose sûre: la droite ne changera pas de leader après ce scrutin, alors que la gauche pourrait se trouver un concurrent sérieux de Ségolène Royal.
Par exemple, si Delanoë gagne nettement à Paris.
Jacques Camus
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MessagePosté le: Lun Mar 10, 2008 11:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

Un « carton jaune »
Publié le 10 mars 2008 - 10:49

Une grande nouveauté aura caractèrisé cette soirée électorale: elle n’aura été marquée par aucune déclaration péremptoire des vainqueurs ou des vaincus. Comme si les premiers (à gauche), craignaient de crier victoire un tour trop tôt, et comme si les seconds (dans la majorité), étaient soulagés d’avoir évité la «râclée» annoncée. Parce qu’on peut ainsi résumer ce premier tour des municipales et des cantonales: Nicolas Sarkozy a bel et bien reçu un carton jaune, mais il a évité le carton rouge. Ou pire, le carton plein... rose. La gauche traditionnelle (PS-PCF-Verts) créditée de 47,5% des suffrages (contre 40% à l’UMP) a certes remporté la première manche mais tous les responsables socialistes ont estimé que cela demanderait confirmation dimanche prochain. D’autant plus que, autre singularité, ces élections auront aussi été très «impactées» par le brouillage des lignes partisanes engendré par l’ouverture tous azimuts et les alliances à géométrie variable du MoDem . La question centriste a donc resurgi avec acuité à l’occasion de ce scrutin. Elle risque cependant de ne pas recevoir de réponse plus claire qu’à l’occasion de la présidentielle. Car si François Bayrou se trouve relancé dans son rôle d’arbitre, il n’a toujours pas l’intention de choisir son camp. Il a réafffirmé hier son intention de ne donner aucune consigne générale, fustigeant même les «alliances socialo-communistes», quand, dans le même temps, Ségolène Royal en appellait à des accords «partout» avec le Modem. Retour étonnant à la présidentielle. La recomposition, c’est un pas en avant, un pas en arrière !

Jacques Camus


Dernière édition par Invité le Lun Mar 10, 2008 1:23 pm; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun Mar 10, 2008 11:51 am    Sujet du message: Presse Répondre en citant

Oui, ça dit cela depuis ce matin..... Normal, il faut bien vendre le papier. Même si le site n'est pas envahi, il ne faut pas se tirer une balle dans le pied. Rire immense.
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MessagePosté le: Mar Mar 11, 2008 10:00 am    Sujet du message: Répondre en citant

Editorial
La revanche du Béarnais
Publié le 11 mars 2008 - 09:20

On avait dit François Bayrou dépressif après la compétition élyséenne et les désertions massives de ses troupes vers un Nouveau Centre ami du pouvoir. On avait aussi reproché à « l’homme qui aime les chevaux » d’avoir gaspillé, par indétermination, son formidable capital électoral (18,5% des suffrages au premier tour de la présidentielle). On lui reconnaîtra, malgré la pesante solitude qui a suivi, de n’avoir point abdiqué. Et voici que les municipales l’ont remis en selle. Nombreux sont les hommes et les femmes politiques, de gauche comme de droite, qui viennent obligeamment chuchoter à l’oreille du Béarnais. Ils lui parlent d’alliance en affirmant qu’ils sont faits pour s’entendre. Depuis toujours. Et revoilà les micros avides qui s’agglutinent autour du Président du MoDem, rose du plaisir d’être de nouveau courtisé, pour connaître ses réactions. Va-t-il enfin répondre aux avances réitérées de Ségolène Royal, qui avait pourtant moqué dans son livre ses timidités adolescentes et la « crainte de la panne » ? Va-t-il succomber aux propositions de François Fillon et des dirigeants de l’UMP (Devedjian et Raffarin) qui lui soumettent une négociation globale avec le MoDem en échange de leur soutien à Pau ? Non! François Bayrou, c’est l’homme qui résiste, au risque de continuer de déconcerter et d’y laisser... Pau. Il repousse les étreintes étouffantes de la gauche et le baiser qui tue de la droite. Du coup, le PS et l’UMP ne sortent pas grandis de cette entreprise de séduction. Ils doivent beaucoup s’en vouloir d’être contraints de quémander le soutien d’un «revanchard» qui se dérobe obstinément. Avec délice.
Jacques Camus
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MessagePosté le: Mer Mar 12, 2008 10:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

Présidence maîtrisée »Publié le 12 mars 2008 - 09:20

Contrairement aux apparences, ce n’est pas son concept «d’immigration maîtrisée» que Nicolas Sarkozy est allé défendre hier à Toulon, mais plutôt celui d’une «présidence maîtrisée». Cette premièresortie élyséenne d’après premier tour des municipales, a confirmé le changement de style de Nicolas Sarkozy: davantage chef de l’État que chef de la majorité, davantage tourné vers les thématiques qui ont séduit son électorat que les vers les sujets diviseurs, davantage préoccupé par les enjeux nationaux que par les joutes locales. Bien entendu, il ne faut pas être dupe de la manœuvre. C’est le même Sarkozy qui affirmait il y a peu que le «concept d’élections dépolitisées est absurde», qui estime aujourd’hui n’avoir pas à s’impliquer dans les municipales. En fait, il a été contraint de «manger son chapeau» pour ne pas s’exposer à un vote sanction mais, pour être franc, il ne s’agit là que de correction tactique. Car, hier dans le Var, le chef de l’État a évidemment fait campagne sans le dire en envoyant, sur le dossier de l’immigration et de l’accueil des étrangers, un signal à l’électorat traditionnel de l’UMP. Se refusant à une analyse locale du scrutin de dimanche dernier, il y a quand même vu un encouragement pour... le gouvernement. Et il a ajouté qu’il tiendra compte de ce que le peuple a exprimé. Inutile donc de disserter à l’infini: à défaut de s’impliquer dans les municipales, Nicolas Sarkozy se sentira très impliqué dans le vote des Français. Peut-être prépare-t-il, à sa façon, un troisième tour !
Jacques Camus
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