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kikoru, ecrivain et illustrateur

 
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kikoruh
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Inscrit le: 02 Mai 2008
Messages: 1

MessagePosté le: Sam Mai 03, 2008 6:44 am    Sujet du message: kikoru, ecrivain et illustrateur Répondre en citant

Bonjour, je me demande dans quelle mesure je peux faire la promotion de mon dernier recueil de nouvelles sur ce forum. N'ayant pas trouvé de réglement où serait stipulé que faire la pub de son ouvrage est interdit ici, je me lance ... si vous les administrateurs du site n'êtes pas daccord, vous n'aurez qu'à suprimer ce topic. Merci à vous.

Je me présente, Kikoru, ou hugues, je voudrai parler un peu de mes recueils de nouvelles ici, par l'intermediaire d'extraits et de dessins.
j'écris des nouvelles fantastiques, je suis trés influencé par Ray Brad Bury, Philip José Farmer, Lewis Carole, et par Oscar Wilde, aussi, j'aime l'univers du realisateur des dessin animé "le château ambulant, le voyage d'hochihiro, ...
mon ecriture, les autres la dise nouvelle, et c'est pas étonnant, je ne sais pas lire un livre au delà de ses 80 premières pages, donc je ne lis pas beaucoup, et ne connais pas ce qui se fait en ce moment au niveau sf et fantastique. par contre j'ai lu beaucoup étant plus jeune. l'ecriture est pour moi une solution vitale, une réponse, un besoin, un processus extraordinaire qui m'extrait d'une réalité stérile et sans solution. vraiment, je le pense, je le vit. Cependant ceux qui me connaissent me trop drole, plein d'humour, optimiste, et c'est pas faux, je le suis aussi, par réaction à ce système banalisant tout et entravant comme pas permis les rêves des humains.
bon, voila qui est dit, assez d'acidité Wink
j'aime le processus de l'ecriture donc, et c'est le coeur amoureux que je m'epanche dans le monde du rêve et des cauchemards, de la folie et de la raison, j'y fait des rencontres, des trouvailles, j'y trouve des solutions à mon quotidiens, à mes questions les plus abstraites.
et un amour propre.
voici un petit site vite fait où l'on trouve les liens de mes trois recueils de nouvelles fantastiques :
http://kikoru.oldiblog.com/

Le premier recueil comporte une nouvelle principale (130 pages) suivie d'autres plus petites. il se nomme "Sylgade et Parissia"

il s'agit de mon premier recueil donc, et dans la nouvelle ilustrée ci contre
je presente les personnages principaux.
juan en haut et en rouge, est un pilote français d'origine portugaise à qui le monde de la course automibile n'est plus qu'un vieux rêve, faute d'argent. mais le destin va le propulser a bord d'un bolide des années soixantes et sur un circuit mythique : le mans 1970 reconstruit par des extraterrestre fan de cette époque de la terre. Mais ceci n'est qu'un passage dans cette longue nouvelle. En effet, juan va faire partie d'un petit groupe venu d'ailleur (dont Sylgade et Parissia qui sont dessinés dans l'herbe, pres d'une cascade de leur planète). Un groupe pris sous l'aile d'un feunedien, Candid, tres paternel, afin de leur faire visiter quelques planètes fort suseptibles de charmer les improvistes vaccanciers.

voici un extrait où l'on apprend comment Juan fait la rencontre de Sylgade et Candid :
Bien, tu as tous les éléments pour faire ton premier
voyage. Je vais les récapituler brièvement :
— tu attends que le deuxième soleil de Luvion se lève ;
— à ce moment, tu fermes bien la porte de ma maison
et les rideaux aussi ;
— tu t’assieds dans ton fauteuil et tu prononces « galtragisme
» ;
— tu entres dans la pièce et tu prononces à nouveau ce
mot, la pièce se refermera ;
— tu allumes l’objet sur la table ;
— tu prends le sac sous la table et tu entres dans le
caisson. Colle-toi bien dans le fond. C’est très important,
car si une partie de toi est encore à l’extérieur du caisson,
elle restera ici et l’autre partie aura été emportée sur Terre,
comme si l’on t’avait coupé avec une arme très tranchante
;
— tu appuies sur l’interrupteur qui se trouve à
l’intérieur du caisson (c’est simple, il n’y en a qu’un) ;
— tu arrives donc dans le grenier sur Terre, à une heure
où il fait nuit. Tu restes le plus silencieux possible en remplissant
ton sac et tu te caches derrière le fauteuil jusqu’au
retour qui aura lieu vingt minutes après ton arrivée là-bas.

C’est relativement simple à retenir. Soit surtout très
discret si tu te risques à sortir du grenier ou même de la
maison. Je ne pourrai pas t’en empêcher, mais sache que je
souhaite que tu ne le fasses pas. Qui sait ce qu’il
t’arriverait si un Français te voyait ? Et quelles créatures
dangereuses peuvent errer la nuit sur France ? Rappelle-toi
les contes français, ils décrivent de terribles êtres, et je ne
sais pas dans quelle mesure les contes reflètent la réalité
de la France.
J’en ai fini sur le dévoilement de mon secret. Cette lettre
doit s’achever, mon cher Sylgade. Sache que j’ai
beaucoup d’affection pour toi. Et que, quoi qu’il arrive, on
sera de nouveau ensemble quand tu m’auras rejoint après
ta mort. Jusque-là, je tacherai de veiller sur toi depuis là
d'où je serai.
Surtout ne parle à personne de mon secret, ou seulement
dans une lettre que tu destineras à quelqu’un après ta
mort, comme je l’ai fait pour toi. Je te demande cela car je
ne sais quelle conséquence aurait pour Luvion la connaissance
et l’accès à la France. Faute de le savoir, je pense
qu’il est préférable de garder le silence. Choisis bien la
personne qui prendra le relais. Elle doit être assez responsable
pour garder le secret et être très discrète là-bas.
Tu m’as déjà parlé de ton envie de voyager et de raconter
tes voyages dans des livres, c’est un bon projet. Je
te conseille de le réaliser et d’oublier ton existence de fermier.
Je n’ai rien contre la vie sédentaire des paysans mais
je ne pense pas que ce soit une vie qui te corresponde. Tes
allers et retours en France ne devraient pas empêcher de
réaliser ton choix. Quel qu’il soit.
Profite bien de ton existence. Et fais toujours tes choix
en fonction de ton désir le plus profond.

Hégan »

Il sortit de la pièce secrète et s’assit dans le fauteuil
pour prononcer le mot qui déclencha la fermeture de la
porte cachée. Puis rouvrit les rideaux.
Durant le reste de la journée, il travailla dans la ferme
d’Omri, mais de façon moins efficace que d’habitude. Le
fermier attribua cela au fait qu’il accusait l’événement de
la mort d’Hégan et n’en dit mot. Il le laissa travailler à son
rythme en gardant un oeil sur lui car il ne fallait pas que
Sylgade gâche la préparation des mets par manque de
concentration.
Il lui demanda seulement en fin de journée s’il allait
partir habiter dans la demeure d’Hégan et si oui, quand ?
« Dès ce soir. Je pars dès que j’ai vidé la grange que tu
m’as prêtée si longtemps. D’ailleurs je t’en remercie,
Omri. »
— Tu sais bien que ça me fait plaisir. »
Omri lui tapa l’épaule de la main.
« Prends le petit chariot pour emporter toutes tes affaires.
— Merci. J’allais te le demander. »
Sylgade regarda le sol un instant, se préparant à lui annoncer
sa décision de partir. Mais se ravisa. Il aurait tout
le temps demain, après sa petite excursion en France. Il
partit donc chercher le chariot. Le ciel commençait à rougeoyer
mais il aurait le temps de tout transporter dans son
nouveau logis avant la tombée de la nuit.

Il avait relu plusieurs fois la lettre d’Hégan depuis son
réveil. Le deuxième soleil se levait et il se tenait debout
dans le caisson, le dos contre son fond et le sac dans une
main. Il fit un effort pour contrôler sa peur et appuya sur
l’interrupteur.
L’instant d’après, il se retrouva dans le grenier sombre.
De la lucarne, la légère lumière de la Lune lui permit une
observation sommaire de la pièce. Elle était conforme à la
description d’Hégan. Plusieurs étagères contenaient de
nombreux livres, celle à droite était vide. Le mobilier était
étrange, les murs étaient revêtus de papier. Le grand fauteuil
avait un drôle de style. Il s’approcha doucement de la
fenêtre et vit par lui-même le paysage décrit dans la lettre.
Il se pressa de remplir son sac de contes et alla se cacher
derrière le fauteuil. Il perçut des bruits de
ronflements. Il devait s’agir des propriétaires qui dormaient.
Mais ce son pouvait être causé par n’importe quoi
d’autre, se dit-il. Des créatures françaises qui se restaurent
? Des machines qui fonctionnent ? Il écouta les sons
de la nuit française en attendant que les vingt minutes passent,
tâtant parfois avec étonnement ce tissu fort lisse et
inodore qui recouvrait le dos du fauteuil. Puis, après dix
minutes, un bruit plus fort se fit entendre à l’extérieur de la
maison. Sylgade fut davantage sur ses gardes.

Juan sillonnait en moto les routes nocturnes depuis une
heure. Il était sorti de l’autoroute un quart d’heure plus tôt
pour profiter des routes sinueuses de la campagne de
l’Avesnois. Elles intensifiaient son plaisir de pilotage,
qu’il maîtrisait parfaitement. Les risques qu’il prenait en
moto cette nuit-là, son départ sur un coup de tête, reflétaient
son tempérament fougueux habituel. Quarante-cinq
jours auparavant, il avait remporté le championnat monoplace
de France en amateur. On lui avait promis un baquet
pour le championnat professionnel après qu’il ait gagné la
saison. Seulement, les organisateurs de la ligue professionnelle
avaient omis de lui dire qu’il devrait débourser
150 000 euros pour l’achat de la voiture, le paiement des
mécaniciens qui l’accompagneraient tout le championnat
durant et tous les frais annexes. On lui demanda, avec une
fausse politesse, de chercher rapidement les sponsors pour
régler la facture mais il savait très bien que ce n’était pas
en seulement deux mois qu’il parviendrait à réunir une
telle somme. Il lui aurait fallu plutôt un ou deux ans.
Depuis un mois et demi, il se questionnait sur ce qu’il
allait faire, et parfois une colère profonde montait. Il partait
alors se défouler sur sa moto pendant des heures. Il
savait que ce n’était pas le meilleur comportement à avoir
mais jusque-là il n’avait rien trouvé d’autre pour se calmer.

Juan entendit un bruit suspect venant de son engin. Il
décida de s’arrêter sur le bord de la route. Il choisit un
endroit éclairé pour pouvoir regarder ce qui n’allait pas
dans son moteur. Il se gara à côté de la maison dont le
lampadaire accroché à l’un de ses murs suffisait amplement.
Il commença son inspection mais se retourna brusquement.
Un être vêtu d’une combinaison de lumière noire
l’observait, assit sur une sorte de scooter suspendu dans
l’air à trente centimètres du sol. Juan s’était rendu compte
de sa présence à cause du petit clic que fit sa sacoche
quand l’être l’ouvrit. Les deux individus restèrent immobiles
un instant. Juan ne pouvait pas voir les yeux de son
observateur, sa combinaison les lui cachait. Mais il semblait
que l’être pouvait le voir : son visage était tourné vers
lui. L’être semblait calme, à sa façon de se tenir et de retirer
l’objet ressemblant à un petit coffret que contenait la
sacoche. La réaction de Juan fut vive, il se leva et enjamba
sa moto pour fuir. Mais l’être avait été plus rapide, il venait
d’ouvrir le coffret.
Toute la Terre en fut bouleversée. Un sentiment
d’amour et de bonté animait soudain tous ses habitants.
Les querelles, les bagarres, les pensées de vengeance ou
de profits personnels avaient été balayées et remplacées
par l’amour qu’apportait la pierre. Pour ceux qui étaient
réveillés, paroles et actes reflétaient leur nouvel état
d’âme. Une envie de faire le bien les prit. Pour ceux qui
dormaient, leurs rêves se revêtirent de couleurs divines.
Sylgade, qui observait Juan et l’être depuis la fenêtre,
eut le désir d’aller leur témoigner l’amour qu’il leur portait.
Juan, animé du même sentiment, descendit de la moto
pour souhaiter la bienvenue à l’être, et pour lui demander
s’il pouvait faire quoi que ce soit qui lui serait agréable.
L’être comprit grâce au traducteur portatif incorporé à son
scooter volant. Sylgade, qui avait descendu les escaliers et
ouvert le verrou de la porte d’entrée, vint se tenir près de
Juan.
L’être qui portait le nom d’« Oumpre » posa une question.
Celle-ci fut traduite en français automatiquement par
le traducteur.
« Est-ce que cette planète détient une arme capable de
rendre infertile une planète entière ? »
Juan, sans se faire attendre, répondit que oui, qu’il en
était presque sûr d’après ce qu’il connaissait des armes
appartenant aux gouvernements des grandes puissances.
Sylgade leur dit, dans un français très étrangement prononcé
aux oreilles de Juan, qu’il les aimait profondément.
« Moi aussi je t’aime, petit être », lui répondit Juan.
Oumpre ignora cette interruption et demanda s’ils pouvaient
le conduire à une personne capable de lui fournir
une telle arme et de lui expliquer son fonctionnement.

Candid apparut à cet instant à deux mètres du trio.
Oumpre n’eut que le temps de tourner la tête dans sa direction
lorsque Candid appuya sur l’interrupteur de la
boîte bleue fixée sur son torse par une sangle.
Tout ce qui se trouvait compris dans un rayon de cinq
mètres de la boîte bleue disparut, laissant un vide de la
forme d’une sphère de dix mètres de diamètre. Le sol à cet
endroit était à présent creusé en un bassin dont la géométrie
parfaite laisserait penser aux experts français qui
l’étudieront par la suite qu’elle correspondait à une partie
d’une telle sphère.
La disparition fut silencieuse. Mais la disparition soudaine
de l’amour apportée par la pierre d’Oumpre réveilla
bon nombre de personnes. Leur réveil fut brutal, ils étaient
arrachés à un monde onirique que rarement pour certains
et jamais pour d’autres ils ne revirent. L’aura d’amour sur
toute la planète fut remplacée progressivement par celle
qui existait avant l’ouverture du coffret, c’est-à-dire un
combat incessant entre amour et peur. Même si
l’expérience, laissant des traces dans le coeur de beaucoup,
donna un petit coup de pouce au plus beau des deux sentiments.

Les quatre individus, Sylgade, Juan, Oumpre et Candid,
flottaient désormais. Seul ce dernier pouvait se mouvoir
dans l’au-delà. La boîte bleue sanglée sur son torse, qui les
avait fait passer de l’autre côté, lui permettait aussi, grâce
à un dispositif rappelant à Juan les télécommandes
d’hélicoptères modélisés, de se déplacer à son gré. La partie
du sol emportée avec eux était devenue transparente,
tout comme eux. Elle passait au travers du sol après que
Oumpre y ait donné un coup de pied alors qu’il se débattait
avec furie. Juan et Sylgade regardaient la scène avec
plus de sérénité. Ils continuaient de ressentir l’amour, pas
celui de la pierre d’Oumpre mais un amour identique,
puissant, profond, qui régnait dans cet au-delà. D’ailleurs,
la pierre que contenait le coffret s’était dissoute très rapidement
depuis son arrivée dans cette non-réalité.
La combinaison d’Oumpre se volatilisait peu à peu elle
aussi, faisant atténuer sa fureur d’être ainsi capturé. Juan
fit immédiatement la comparaison entre le visage de Candid
et la gueule d’un cocker. Sylgade ne pouvait pas voir
la ressemblance, il n’avait jamais vu de chien dans sa vie.
Le corps de Candid était trapu, humanoïde. Un long pelage
dont la couleur n’était pas visible à cet instant
apparaissait là où ses vêtements ne le cachaient pas. Il
portait des habits dénotant un certain sens artistique, déjà
rien qu’à leur coupe.
Partout autour d’eux, des lumières blanches
s’amusaient à fusionner entre elles, à se séparer. L’une
d’elles alla consoler un moustique qui peinait à se décoller
d’une toile d’araignée, une autre partait éclairer de sa joie
les rêves d’un hérisson. Elles ne cessaient de
s’émerveiller, n’avaient d’autre hâte que de soulager les
chagrins des vivants, que de les aider de toutes leurs forces
à reprendre courage. Quelques-unes de ces lumières présentaient
des formes précises. Sylgade y reconnut la
silhouette de la fée de Peter Pan, selon la description qu’en
faisait l’un des contes qu’il avait lus. D’autres présentaient
des corps dignes de ceux de créatures sorties de l’esprit
d’un conteur de fantaisie, et encore, quelques-unes semblaient
humaines ou animalières.
Juan et Sylgade admiraient cette vision le temps d’un
regard soufflé.
La combinaison d’Oumpre s’étant totalement dissoute
elle aussi, on pouvait voir son anatomie humanoïde, mais
elle présentait des déformations nombreuses. Des noeuds
de muscles en plus un peu partout sur le corps en étaient la
cause. Lui aussi montrait un pelage, mais très court.
Candid parla en français, qu’il commençait à bien maîtriser
depuis les nombreuses et longues observations de la
France. « Voilà, ça y est, tout doux Oumpre. Tu es en sécurité.
Ça va mieux ? » Celui-ci comprit, même en ne
sachant pas la langue. Le traducteur sur son scooter qui
avait dérivé de la même façon que le sol emporté, était
trop loin pour qu’il l’utilise, si toutefois il fonctionnait
encore dans cet endroit. Mais il comprit quand même. La
langue n’était plus un obstacle à présent car le coeur servait
d’interprète. Il craqua, ses larmes flottaient autour de lui,
et tous comprirent qu’il s’excusait, qu’il regrettait profondément.
Que sa vie aurait un tout autre aspect dorénavant,
abandonnant toutes les pensées de vengeance qu’il avait
entretenues à l’égard du peuple de sa propre planète. Candid
dit alors qu’il était heureux pour lui et qu’a présent il
le ramènerait chez lui. Puis il s’adressa à Sylgade.
« Tu n’es pas un Terrien, petit être… Que fais-tu ici ? »
Sylgade lui raconta brièvement son voyage et, au moment
où il dit ceci : « D’ailleurs la machine devrait me
ramener chez moi dans quelques minutes », il regarda sa
montre qui ne fonctionnait plus. Mais il ne fut pas paniqué
grâce à la sérénité que lui apportait l’au-delà.
Il se demanda si son entrée récente dans l’au-delà pouvait
empêcher la machine à voyager instantanément de le
ramener sur Luvion, comme si ayant disparu de l’univers
physique la machine n’aurait plus rien à ramener. Il était
fort possible que le délai des vingt minutes fut terminé à
un moment ultérieur à son entrée dans l’irréel. Il en parla à
Candid.
Juan, quant à lui, tourna le regard vers les gens de la
demeure qui s’agitaient d’affolement devant ce trou si
parfait et se questionnaient quant à leur réveil brutal après
de si beaux rêves. L’homme en pyjama s’approcha de la
moto et fouilla les sacoches. La femme, stupéfaite, se tenant
au bord de la cuvette, ne se doutait pas une seconde
que Juan flottait à quelques mètres d’elle au-dessus du
trou, entouré de centaines de lumières vivantes, en la regardant
de façon amusée. Elle cria à sa fille d’alerter la
police. Celle-ci, qui se tenait sur le seuil de la maison, rentra
aussitôt.
Candid proposa à Sylgade de venir avec lui, en expliquant
que sur Feunedia, sa planète, ils auraient le temps et
les moyens de trouver une solution à ce problème qu’il
qualifia de « mineur ».
Il ne se préoccupa pas pour l’instant d’expliquer le
pourquoi et le comment de ce qui venait de se passer, ni
même la présence des créatures lumineuses.
Il se tourna vers Juan et lui demanda s’il était intéressé
par un petit voyage, si toutefois il n’avait pas autre chose à
faire ces prochaines semaines. Juan répondit que cela lui
convenait parfaitement et qu’il avait même davantage de
temps. Puis, après réflexion, il demanda de revenir très
vite pour rassurer ses proches qui ne tarderaient pas à apprendre
que la police avait retrouvé sa moto et se feraient
sûrement du souci. Juan leur dirait qu’on lui avait volé
l’engin et qu’il se préparait à partir à l’étranger pour se
changer les idées. Alors un voyage intersidéral plus long
serait possible.
« Pas de problème, l’ami, dit Candid. Bon, je vais
m’approcher de chacun d’entre vous. Tenez-vous bien à
moi de façon à ce que vous puissiez poser votre main sur
la plaque que je porte sur le dos. C’est une condition essentielle
pour que vous puissiez voyager avec moi. On part
d’abord déposer Oumpre sur sa planète, puis Juan et Sylgade,
je vous emmène sur mon monde. »
Ainsi, et à l’insu de la famille réunie autour de la
cuvette, la petite troupe disparut de cet endroit du monde
irréel.

Du balcon de l’édifice, et au-delà la ville, Feunedia étalait
des étendues d’herbes sèches et jaunes partout où
Sylgade portait le regard. L’appartement était décoré de
façon très agréable, les murs étaient peints d’un bleu clair
parsemé de taches blanches. Le sol de la pièce formait un
rectangle, à cela près que le mur ouvert par un balcon était
concave. Des bas-reliefs muraux partaient du sol jusqu’au
plafond et unissaient des couleurs pastel autres que le bleu
clair, avec une dominante rose saumon. Le bâtiment entier
– Juan et Sylgade l’apprendraient par la suite – servait
à loger le gouverneur de Feunedia et ses hôtes. Candid, la
veille, les avait amenés dans ce logement pour y passer la
nuit.





le deuxième recueil s'intitule : Les lunettes aux verres de bulles de savons
voici une ilustration :

et voici un extrait du recueil, la nouvelle est courte et complete, elle s'appelle : Amitié nocturne :

Amitié nocturne

Le père Adriac marchait d'un pas de cheval de trait, dans la nuit qui commençait et en direction de la vache avec qui il avait passé toute la journée. Elle devait mettre bas, c'était imminent. Il l'avait laissée seule une heure, ne pouvant faire autrement. La nuit allait être longue.

Assis sur un tronc d'arbre, près de la vache allongée sur son côté droit, il l'avait recouverte d'une couverture chaude. Son café refroidissait dans l'herbe, le feu de camps réchauffait Adriac. La laitière semblait calme, sillant des paupières de temps en temps, comme pour lui dire qu'elle avait confiance en lui. Tant d'années d'une vie avec lui, parmis les autres vaches, dans le silence obscur leurs coeurs se disaient des choses.

Adriac ne s'aperçut pas de l'étoile filante dans le dôme au-dessus, Mais elle était spéciale, ne voulant pas arrêter son trait blanc, s'obstinant même à briller de plus en plus.

En guise d'étoile filante, le vaiseau bringuebalant de Hic traversait l'atmosphère en catastrophe, toussant de fumée bleue et perdant sa carlingue comme la fleur d'un pissenlit perd ses pistils sous le vent du début d'automne.
L'atterrissage fut brutal, mais pas trop, Hic ayant fait l'achat d'un vaisseau léger, d'occasion.
Adriac, en alerte, car Hic s'était crashé à trente mètres, dans la pâture mitoyenne, se leva et observa le singulier météorite.
Il avait évidemment entendu parler sur les deux chaînes françaises qu'il arrivait à capter de son antenne bricolée sur le toit de sa masure, que des paysans comme lui avaient observé des phénomènes étranges, des trucs bizarres dans le ciel.
Sur ses gardes, il se figea en un regard attentif. L'objet à moitié décarlingué, planté dans la terre, dégageait des gaz colorés dont il pouvait en renifler la drôlerie.

Hic, un peu sonné dans son cockpit, balbutiait quelques strophes de mécontentement, évoquant les divers noms du créateur et les lieus de débauches des faubourgs mal famés de sa planète.
Il réussit, soulevant des panneaux et passant au-dessus d'armoires à vaisselles cassées, à sortir la tête qu'il avait petite, carrée et grise métallisée, par le sas encore valide. Un coup d'oeil de ce côté, puis un autre de l'autre, et il put apercevoir le regard certes ahuri mais stoïque d'Adriac. Un instant de jaugeage de part et d'autre, la sortie était jouable.
Hic posa un pied nu et menu dans l'herbe froide et humide. Il s’avança lentement vers Adriac. S'arrêta, se retourna afin de se rendre compte de l'étendue des dégâts, puis vint se présenter d'un salut grotesque mais bienvenu.
Le fermier estima qu'il devait lui rendre son salut, un coup d'oeil à sa vache, elle était calme, et après un instant d'hésitation quant à savoir quel salut serait le plus adéquat, tendre la main ou mimer un levé de chapeau ? Le levé de chapeau.
Après quoi, Hic partit en une pétarade de bruitages parlés. Ses mains s'agitaient, se posaient sur son front, montraient l'engin écrasé, le ciel, évoquaient un objet apparemment cylindrique et pas plus grand qu'un porte-parapluies, pour enfin mettre un terme à sa volubilité soudaine en penchant sa tête d'un côté et en tendant les mains vers Adriac.
« Attends un peu mon bonhomme, tu veux de l'aide ? C'est ça ? Mais je ne peux pas moi pour l'instant ! » Il désigna sa vache en soulevant la couverture pour en montrer son gros ventre. « Après si tu veux, une fois que le veau sera né, demain matin très certainement. » Son bras parcourut la voûte céleste en un demi cercle, mima la naissance du soleil à l'horizon, et se désigna lui et l'engin mal posé. Puis un sourire secoué par un hochement répétitif de la tête, l'oeil rond d'agrément.
« Compris ? »
Apparemment oui, Hic, doux, s'approcha de la vache, lui toucha le front et tâta sa bedaine remplie. Puis alla s'asseoir à côté du feu. Il était inutile de parler, ils le savaient bien. Adriac s'assit lui aussi et ils attendirent que la vache commence son travail.

Le temps passait par des bleus sombres et des hululements de chouette, parfois une embardée par un cliquetis soupirant du vaisseau, par ici un détour par le frisson d'une brise. Le verbe silencieux des trois êtres, lui, accompagnait, bordait en permanence le chemin sinueux, inégal du temps.
Le rire d'Adriac surprit Hic au début, mais il s'y habitua. Adriac avait ri quand Hic fit une grimace en goûtant le café. Hic avait ri quand Adriac se brûla en remuant le feu de bois. Ils tentèrent d'entamer une communication faite de signes, d'onomatopées, mais rirent plus qu'ils ne se comprirent. C'était pas plus mal. Puis le bout de la nuit vit les premiers signes du travail de la vache. Le fermier veilla à ce que tout aille bien. Hic assista à la perte des eaux, ses deux mains d'argent sur le front chaud du bovin. Une tête sortit en une nuée de rouge, suivie du corps. Déjà le veau était allongé dans l'herbe aux premières lueurs.
La campagne, en un soyeux réveil, fulminait de couleurs de vie, et Adriac laissa la vache et son veau pour voir en quoi il pourrait aider Hic.
La pièce cylindrique mimée par Hic tout à l'heure était en fait un simple tube de métal servant de gouvernail par lequel passaient les feux du réacteur. Le tube était bien fendu, et rendu caduc du coup.
Adriac comprit qu'il fallait le remplacer ou le ressouder. Le fermier avait un fer à souder sur son établi, et avant de partir le chercher, s'enquit de savoir s'il devait ramener autre chose de chez lui. Une scabreuse description lui apprit que Hic souhaitait de la tôle, des rectangles de tôle d'environ 1m sur deux, une dizaine si possible. Adriac pensa à la toiture de son étable. La tôle y était ondulée, il en fit part à l'extraterrestre, il semblait s'en accommoder.
Deux heures plus tard, Adriac revenait en camionnette avec les tôles, le fer à souder et tous les outils et matériaux qu'il jugea être utiles.
Hic mena la réparation. Les tôles allaient servir à remplacer celles perdues et qui recouvraient les ailes du vaisseau. Le gouvernail retrouva sa validité, et un peu avant midi au soleil, Hic estima que le vaisseau pourrait reprendre son vol.

Le veau, sur ses pattes, buvait le lait des pis de sa mère. Adriac, ses manches à carreaux remontées, serra la main de Hic.
« Et bien on dirait qu'il est l'heure des au revoir l'ami, content de t'avoir rencontré. »
Hic, redevable, son regard caressa les pieds, le ventre du fermier et finalement le fixa dans les yeux pour exprimer ce qui devait certainement être un grand merci. 
« De rien vieux, tu en aurais fait autant si tu avais été à ma place. »
Ils se lâchèrent, Hic passa la porte de vieux métal en un dernier signe d'adieu. Adriac recula de quelques mètres. Une minute d'attente durant laquelle il pouvait apercevoir Hic dans son cockpit, suffit au vaisseau à se mettre en marche, son moteur vrombissant de façon linéaire et les ailes se déployant.
Un dernier sourire à travers l'habitacle et l'extraterrestre déclencha d'une levée de manette le décollage. Trois pattes propulsèrent le petit engin à dix/quinze mètres de haut et les ailes de tôles se mirent à battre comme celles d'un rapace prenant de l'altitude. La vache meugla, du gouvernail sortaient des feux d'artifices, de plus en plus beaux et puissants jusqu'à ce que les ailes se replient.
Adriac debout, la tête en arrière, vit disparaître dans le ciel bleu le vieux vaisseau. Il se tourna vers ses bêtes. Bon vent bonhomme! Ravi de t'avoir rencontré! Et il reprit pensif le cours normal de sa vie.

Mon troisième recueil se nomme : Tommy Parker

Voici sa couverture :


et voici un extrait d'une des nouvelles : elle s'appelle "Cédric et la conscience collective" :


"Quelques semaines plus tard, alors que la nuit était déjà entamée et que les gens dormaient, Sophie et Cédric faisaient face à la bulle noire. Comme ils ne savaient pas s’ils trouveraient le cran d’y pénétrer, ils avaient préféré ne pas divulguer la nouvelle de leur évasion. Simplement, ils laissèrent une lettre sous un caillou, à l’attention des autres.
Ils s’étaient échangé leur adresse sur Terre, celle d’un ami ou d’un frère, car les propriétaires de leur logement avaient certainement trouvé un autre locataire depuis tout ce temps. Ainsi, ils sauraient où chercher s’ils rentraient séparément.
— C’est dur, c’est terriblement dur ! dit-elle.
— Nous devons nous armer de courage, et c’est peu dire !
— Bon, à trois on y va. Ensemble.
— D’accord, dit-il.
— Un…
— Deux…
— Trois !
— Bon sang ! souffla-t-il en la retenant par le bras.
Derrière eux un « poc ! », suivi de plusieurs autres, retentit sur la petite place. C’était une balle bleue, petite et solide, qui rebondissait sur le parterre de mosaïque. Elle le cassa au premier rebond.
Ils se tournèrent, leurs yeux suivirent la fin de la course de l’objet, puis ils se levèrent. Un vaisseau gigantesque, sombre et silencieux, perça bientôt le ciel étoilé. L’engin interstellaire commença une lente descente, tel une raie qui viendrait s’aplatir sur le sable au fond de l’océan. Il se posa dans l’herbe, derrière la bulle noire.
Une porte haute de six mètres s’évanouit, laissant le champ libre à une espèce de monstre dinosauaire. Cet être émit un son rauque. Cédric saisit le bras de Sophie et ils disparurent dans la bulle noire.
Un petit roquet au grain de peau tout en relief sortit en premier du vaisseau. Il courut vers la balle bleue, s’arrêta pour la soulever délicatement de ses petits doigts, puis la posa sur un petit socle étroit. Le monstre sortit, marcha sur deux pattes massives et se tint lui aussi près de la balle. Son torse semblait attaché au bas de son corps par un roulement à bille organique. Le haut de son corps pouvait tourner sur lui-même aussi longtemps que l’être le souhaitait. Comme si, au cours des siècles, l’évolution de son espèce tendait à entrer en symbiose avec son sport favori, une sorte de golf géant.
De son dos sortit une main. Son index couronné d’hélices sonda la force du vent. Puis, l’un de ses dix bras terminé par un club se tendit. Le torse tournait de plus en plus vite. La tête, elle aussi montée sur roulement à bille, fixait la balle. Alors, le monstre se pencha lentement, la course circulaire du club se rapprocha de la balle et la frappa avec violence. Elle se perdit presque immédiatement dans l’infini noir et constellé.
Le roquet émit un petit son qui s’apparentait à un rire aigu, le monstre répondit d’un gargouillement relativement élaboré. Ils réintégrèrent leur vaisseau qui décolla presque aussitôt et s’envola à la poursuite de la balle. Les intrus ne laissèrent aucune trace d’eux, si ce n’étaient la fissure dans le sol de mosaïque, des pas imprimés dans la prairie et trois trous conséquents correspondant aux pattes de l’engin inter-galactique.
Le lendemain, le groupe découvrit l’enveloppe sous la pierre, à côté de la bulle noire. Ils comprirent que le couple avait franchi le pas et ils ne se doutèrent pas de l’étrange visite. Beaucoup d’autochtones auraient pu être les auteurs des traces laissées, les monstres gentils et gargantuesques étaient légion sur Réflexia.
La veille, dans la nuit entamée, Cédric et Sophie avaient laissé derrière eux la surface réfléchissante et sombre fraîchement traversée. Cédric avait tenté de la franchir en sens contraire sans y parvenir. En pénétrant dans la bulle noire, ils mirent pieds dans une grotte pavée. Ils s’enfoncèrent alors dans un couloir étroit et atteignirent rapidement deux portes placées côte à côte. Sur l’une d’elles était inscrit le prénom de Sophie, sur celle de droite, celui de Cédric.
— On en choisit une et on y entre tous les deux, dit-elle.
Ils choisirent celle de gauche. Si elle put y pénétrer, lui, n’y parvint pas. Alors, ils essayèrent celle de droite, mais là, ce fut elle qui ne put avancer, comme bloquée par un champ magnétique ou une sorte de magie puissante.
— Écoute… de toute façon, nous ignorons si nous nous en sortirons vivants ou si cet endroit aboutit sur Terre. Aimons-nous une dernière fois, ici, aux pieds des portes, puis disons-nous adieu, au cas où nous ne nous reverrions jamais.
Sophie le déshabilla lentement, tendrement, avec la douceur donnée à ceux qui ôtent de leur étui l’objet qui leur est le plus précieux. À son tour, il la dénuda.
Leur peau percevait la fraîcheur de l’obscurité ; leur plante des pieds, celle du sol rugueux encore plus froid. Ils tendirent leurs mains l’un vers l’autre, leurs doigts se touchèrent, s’entrelacèrent, leurs poitrines entrèrent en contact. Leurs bouches se rapprochèrent, ouvertes, déjà envoûtées du parfum d’amour du partenaire.
Ils s’abandonnèrent des heures entières.
À leur réveil, de la douleur coulait de leur regard. Ils se rhabillèrent sans un mot. Au dernier instant, ils se dirent enfin adieu et franchirent leur porte respective.
Sophie marcha dans son couloir. Cédric avança de quelques pas, mais rebroussa chemin. Elle n’était plus là. La violence de l’atmosphère lui imposa de se ressaisir. Il poussa à nouveau sa porte, d’un pas plus déterminé.
Sophie souffrait en profondeur, sa gorge se nouait. Elle entra courageusement dans la grande salle, au bout du couloir. Une salle grande comme celle d’un concert classique. Dans le fond, un mur peint aux couleurs et aux motifs de la chemise de Cédric lui souhaita la bienvenue. Comme le vêtement de son amour, le mur arborait de grandes lignes verticales de différents bleus. On y voyait même des bas-reliefs fidèles au dessin des boutons et de la poche gauche du pilote, dans laquelle il avait glissé une fleur. La fleur était représentée aussi. Le mur, grand comme une scène de théâtre, lui parla avec une voix d’homme, une voix chaude, calme et gentille comme celle de certaines publicités à la télé. Sophie tenta de retenir ses larmes.
— Qui est là ? questionna-t-elle.
Le mur réconfortait en même temps qu’il ravivait les souffrances, les blessures accumulées dans sa vie, comme stimulées, attisées.
— Je suis le cœur de Cédric, ne le sens-tu pas ?
— Je sens son amour. Plus je m’approche, plus c’est fort et cruel.
— Pourquoi cela ? demanda le mur.
— Parce que ça me soulage, même si tu n’es pas réellement Cédric. (Elle fondit en larmes.)
— Alors, approche encore.
— Pourquoi ? Qu’essayez-vous de faire ? balbutia-t-elle.
Le mur resta silencieux. Elle se frotta les yeux, fixa le mur et s’avança.
— Je ne suis pas certaine que tu dises la vérité, dit-elle. Le cœur de Cédric est dans son thorax, il ne parle pas et ce n’est certainement pas un mur décoré !
Alors le mur lança une nouvelle vague de son amour, plus forte encore que la précédente. Sophie sentit dans tout son être la présence de Cédric. Submergée, elle pleura de plus belle. Elle pouvait presque sentir le souffle du pilote sur ses lèvres.
— Bon sang, pensa-t-elle, quelle que soit la nature de ce mur, sache que je t’aime, Cédric !
Alors le mur s’ouvrit en deux et cessa d’émettre ses étranges sensations. Sophie put enfin accéder de l’autre côté. C’était encore une grotte assez large, il y avait là deux murs. Elle s’assit près de celui qui allait vraisemblablement s’ouvrir pour laisser passer Cédric.

Le pilote aboutit dans un genre de grotte rocheuse, grande comme une salle de spectacle, avec, au fond, un mur. Celui-là était peint aux motifs du chemisier de Sophie. Blanc et brodé de fleurs ocres. Une voix de femme, calme et gentille, lui souhaita la bienvenue, puis l’invita à s’approcher. Le pilote sentit de suite la présence du cœur aimé. Il crut d’abord que ce sentiment était dû à l’aspect du mur, qui lui rappelait Sophie.
— Qui êtes-vous ? interrogea-t-il.
— Approche et je te le dirai.
Il avança et fut traversé par l’amour qu’il connaissait si bien. Son intensité le fit souffler doucement, comme lorsqu’on tente de canaliser ses émotions.
— Qui êtes-vous ? C’est vous qui me faites cela ?
— Je suis le cœur de Sophie. Eh ! oui, c’est moi qui déclenche en toi ces émotions…
— Où est-elle ?
— Approche encore et tu le sauras.
Cédric fronça les sourcils et marcha vers le mur, de plus en plus péniblement.
— C’est trop dur, ça me fait souffrir. Arrêtez, de grâce !
— Tu ne le veux pas vraiment, n’est-ce pas ?
Cédric s’avoua qu’il préférait souffrir plutôt que d’être privé de l’amour provenant du mur. Pourquoi souffrait-il ? Il avait la sensation d’être désemparé, de ne pouvoir rien cacher à l’amour de Sophie, comme quand on ouvre la main d’un enfant, doigt après doigt, pour voir ce qu’il y serre.
— C’est vrai, dit-il.
— Que ressens-tu ?
Le visage du pilote grimaçait de chagrin.
— C’est dur à expliquer... C’est comme si vous me mettiez à nu sans que je le veuille entièrement.
Les vagues déferlèrent avec plus de force, il dut lâcher prise pour répondre cela, sa voix tremblotait, des larmes inondaient ses joues.
— Approche-toi encore.
Il devina intuitivement que ce faisant, il serait libéré, et s’avança de cinq pas. Il pleurait à présent à gros sanglots. Tout proche du mur, Sophie vibrait en lui. Il leva la tête et revit mentalement le rêve qu’il avait fait durant son sommeil, après ses derniers ébats amoureux. Dans ce rêve, Sophie illuminait de couleurs blondes, elle lui parlait, cela l’apaisait. À cet instant, devant le mur, il avait envie de lui dire qu’il l’aimait, non pas au mur, mais à elle. Il soupira et son regard se fit doux.
Le mur s’ouvrit. Sophie, assise en tailleur, le vit franchir avec soulagement le mur qui se fendait en deux. Ils pleurèrent lorsqu’ils se retrouvèrent, mais cette fois, c’était de joie.
Ils quittèrent la salle qui se réduisit progressivement en un long couloir. Sur leur droite, un miroir au cadre de bois sculpté et peint en doré refléta leur image. Une image peu fidèle. Ils s’y voyaient habillés tels qu’ils l’étaient vraiment, mais à la place de leur cœur s’affichait la chemise de l’autre.
Leur reflet semblait irréel. Comme si l’image ..."

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Bien à vous.
Kikoru
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