Posté le: Jeu Mar 13, 2008 9:49 am Sujet du message:
Editorial
Le soldat... méconnu
Publié le 13 mars 2008 - 09:20
C’est un formidable hommage au soldat... méconnu qui est rendu depuis hier par les plus hautes autorités de l’État à Lazare Ponticelli, mort à 110 ans. On avait beaucoup parlé de travail de mémoire, ces derniers temps. On en avait même fait de très vilaines polémiques. Et l’on avait presque oublié les derniers survivants français de la « Grande guerre ». On ne parlait d’eux qu’à l’occasion des cérémonies du 11 novembre pour dresser le triste inventaire de leurs rangs décimés. Depuis la disparition de Louis Cazenave (à 110 ans également), il y a sept semaines, il ne restait plus que Lazare Ponticelli. Disons-le : il avait été le premier à souhaiter se faire oublier, parce qu’il ne voulait pas que son histoire personnelle, si singulière et si exemplaire, occulte le sacrifice de ses camarades morts au champ de tant d’horreurs. Alors, il ne consentait à porter témoignage que pour le souvenir des autres et pour que « les jeunes sachent ». Lazare Ponticelli ne voulait pas tirer gloire d’être le « der des ders ». Sa dernière volonté sera respectée. L’hommage national rendu à Lazare Ponticelli, qui se déroulera lundi aux Invalides, sera aussi, ainsi qu’il l’avait exigé, un hommage rendu à l’ensemble de ses compagnons de combat. Ce sera l’ultime marque d’altruisme de ce modeste héros dont le nom mérite tellement de n’être plus méconnu. Italien d’origine venu à 10 ans en France, s’engageant à moins de 17 ans dans le 4ème régiment de marche de la Légion étrangère, devenu Français en 1939, Lazare Ponticelli sera l’éternel porte-drapeau d’une génération envoyée au sacrifice par devoir.
Posté le: Ven Mar 14, 2008 12:22 pm Sujet du message:
À qui la faute ?
Publié le 14 mars 2008 - 09:20
La nervosité a clairement gagné les rangs de l’UMP à l’approche du deuxième tour des municipales. Alors que les socialistes, soucieux de « transformer l’essai », ont provisoirement tu leurs divergences internes du début de semaine, la droite, elle, s’interroge sur l’ampleur de la défaite et les conséquences que pourrait en tirer Nicolas Sarkozy. Après avoir déclaré dans son interview au « Figaro » qu’il n’y aurait pas de grand remaniement ministériel, le chef de l’État a cependant affirmé à Toulon qu’il prendrait en compte le message des Français. Alors, à défaut de chambardement dans l’équipage gouvernemental, le remaniement pourrait bien affecter la direction de l’UMP. Il se dit que l’Élysée n’a pas apprécié les perches tendues par Jean-Pierre Raffarin et Patrick Devedjian au « traître » François Bayrou. Il se dit aussi que Nicolas Sarkozy a vertement reproché à l’UMP et à ses responsables une campagne molle et peu mobilisatrice. D’où une abstention préjudiciable à la droite. Hier, Patrick Balkany, proche du président de la République, a relayé ces reproches dans ce qui ressemblait fort à une intervention en service commandé. Le maire réélu de Levallois-Perret a même déploré la diffusion tardive par l’UMP de l’abécédaire des réformes sarkoziennes. Voilà comment s’est opéré cette semaine un spectaculaire renversement de situation: ce n’est pas Sarkozy qui a fait perdre les candidats UMP mais c’est l’UMP qui n’a pas su utiliser le bilan de Sarkozy pour faire gagner ses poulains. Il n’est pas certain que l’Élysée fasse la bonne analyse mais il est évident que certains en payeront le prix.
Posté le: Ven Mar 14, 2008 12:23 pm Sujet du message:
Que faire de la victoire ?
Publié le 15 mars 2008 - 09:20
Que faire d’une victoire aux municipales pour le PS? Et que faire d’une défaite pour l’UMPet surtout pour Nicolas Sarkozy? Voilà les questions qui se posent d’ores et déjà à la veille du second tour de scrutin. Et l’on voit bien que tout le monde s’apprête à enjamber rapidement les enjeux locaux pour se projeter dans les stratégies nationales en pensant évidemment à 2012. C’est d’abord vrai pour les socialistes qui vont reprendre une partie du terrain municipal perdu en 2001 et se préparent donc à une soirée faste. Mais, chez eux, qui va crier victoire le plus fort? Qui va s’attribuer le mérite du succès? Qui va en conclure qu’il est le chef du parti? Pressentant le danger, François Hollande a mis en garde contre un «concours des ego». Peine perdue, sans doute. On dit Ségolène Royal prête à se positionner dès dimanche soir... malgré sa brève rechute centriste. Mais Martine Aubry a prévenu que, désormais, elle aussi fera entendre sa voix. Et l’on sait bien que Bertrand Delanoë, qui a joué le refus des alliances bâtardes avec le MoDem, rebondira sur son sacre parisien. Au PS, les municipales auront donc servi à «booster» les ambitions nationales.
A droite aussi, on s’apprête à oublier allègrement une médiocre performance et quelques vilaines bisbilles. Comme pour détourner l’attention, Nicolas Sarkozy a pleinement réinvesti le terrain présidentiel... et médiatique. Il a en effet savamment entretenu le suspense sur les changements qui vont intervenir dès la semaine prochaine. Bref, il fera tout pour que ces municipales apparaissent comme une péripétie alors qu’elles auront constitué, quoi qu’il en dise, une sévère remontrance personnelle.
Jacques Camus
Posté le: Sam Mar 15, 2008 1:19 pm Sujet du message:
Je m'y rends (non pas Iran), de ce pas... L'Ame, l'Art Russe <sous toutes ses formes>, c'est du bonheur...miel et rose, dur et cru..mais quelle civilisation !!! _________________ Ouvre un livre, il t'ouvrira - Prov.Chinois -
Posté le: Lun Mar 17, 2008 12:01 pm Sujet du message:
Editorial
Un changement de climat
Publié le 17 mars 2008 - 09:20
Nicolas Sarkozy a subi hier son premier cuisant échec électoral de l’après-mai. On nous rétorquera que l’affirmation est excessive puisque le chef de l’État n’était candidat à rien. Exact, à ceci près que Nicolas Sarkozy espérait bien que la dynamiquede la présidentielle «porterait» les candidats de l’UMP. Et c’est tout le contraire qui s’est produit. Du coup, neuf mois après son arrivée à l’Élysée, Nicolas Sarkozy doit entrer dans une forme de cohabitation avec des pouvoirs locaux (régional, municipal, cantonal) largement ancrés à gauche. De quoi regretter un peu plus de n’avoir pas avancé le calendrier électoral local. En tout cas, il lui reste à tirer les leçons de cet échec plus personnel que collectif, qu’il ne saurait en effet imputer à la tiédeur mobilistrice de l’appareil UMP ou au seul bilan des «sortis». Car ce retour aux urnes, avec la résurgence de la tentation abstentionniste, traduit bel et bien une forme de désenchantement chez les Français. Le PS ne s’y est pas trompé qui a entonné dans un étonnant concert à deux voix le couplet d’un impératif changement de politique. On se sera d’ailleurs amusé de voir sur TF1 François Hollande s’exprimer en premier alors que s’affichait dans son dos, sur des écrans de contrôle, l’image tutélaire et piaffante d’impatience de Ségolène Royal. La «battue de mai», dans son habituel registre, a appelé à tranformer ce vote sanction en vote d’avenir. Pour elle, sans doute. En réponse, François Fillon n’a pu que s’employer à dénier l’impact national du résultat de dimanche tout en s’engageant à réformer plus et plus vite. Sauf que cela se fera dans un climat de confiance altéré.
Posté le: Lun Mar 17, 2008 12:03 pm Sujet du message:
Ne pouvant faire de commentaires, puisque c'est à lire... Je pense, mais ne puis l'exprimer....Pas grave. _________________ Ouvre un livre, il t'ouvrira - Prov.Chinois -
Dernière édition par Prosodie le Mar Mar 18, 2008 10:09 am; édité 1 fois
Posté le: Mar Mar 18, 2008 10:07 am Sujet du message:
Entre le plus et le moins
Publié le 18 mars 2008 - 09:20
Pas sûr que le vote de dimanche soit un vote de clarification. Qu’ont donc voulu exactement exprimer les Français? Qu’ils veulent plus de réformes ou moins de réformes? Qu’ils veulent plus de résultats rapides ou moins de précipitation brouillonne? Qu’ils veulent plus de Sarkozy ou moins de Sarkozy? Les réponses à ces questions ne sont pas aussi simples que voudraient nous le faire croire les appareils politiques. A droite, on parle d’un «vote d’exigence» pour que les réformes continuent de plus belle, en oubliant les erreurs comportementales de Sarkozy. A gauche, on évoque un vote de défiance pour que le gouvernement change de politique en oubliant d’en proposer une. Les uns et les autres nous abusent. Difficile, dans une approche objective, de souscrire au nouveau slogan de l’UMP: «Réformer plus, pour gagner plus... de voix! ». Ce serait oublier un peu vite que la déception née des promesses non tenues sur le pouvoir d’achat a pesé lourd dans les urnes. Mais il est tout aussi difficile d’imaginer que les citoyens ont «cautionné» un changement radical de politique, pour la simple raison qu’ils ne savent pas grand chose, et pour cause, du projet socialiste. C’est bien la limite de cette élection que de s’être jouée pour une bonne part, et une fois de plus, sur des humeurs plus que sur des convictions, sur des apparences plus que sur des analyses profondes. Au fond, et à la différence de la présidentielle, on n’a guère parlé de grandes orientations politiques dans cette campagne. Le retour du prurit abstentionniste ne s’explique pas autrement.
Posté le: Ven Mar 21, 2008 9:29 am Sujet du message:
Sortir de l’hypocrisie
Publié le 21 mars 2008 - 09:20
Vouloir trancher un débat sur l’euthanasie au lendemain du décès de Chantal Sébire, c’est comme vouloir relancer la controverse sur le rétablissement de la peine de mort au lendemain de l’assassinat d’un enfant. L’émotion n’est pas compatible avec la réflexion, et l’une ne saurait influencer l’autre. Il est évident que le drame de Chantal Sébire va conduire inéluctablement à une «réévaluation» de la loi Leonetti de 2005. Le Premier ministre en a d’ailleurs fait la demande à l’auteur du texte pour constater «d’éventuels dysfonctionnements» et procéder aux «adaptations nécessaires». Evitons donc le piège des lois de circonstance, tellement criticables par ailleurs lorsqu’elles entendent simplement calmer un trouble de l’opinion. L’essentiel tient désormais à l’engagement du gouvernement. Pour le reste, Chantal Sébire mérite, après son courageux combat qui n’aura pas été inutile, de reposer en paix. Laissons lui le mystère de cette mort qu’elle aurait voulu organiser moins clandestinement. Est-il besoin de mettre sur la place publique les sordides conclusions d’une autopsie superflue? Voudrait-on que la justice poursuive ceux qui l’ont éventuellement aidée à mourir? Voudrait-on faire parler d’éventuels témoins? C’est précisément pour mettre fin à cette vaste hypocrisie qu’un aménagement de la loi Leonetti est nécessaire. 10.000 à 15.000 malades incurables seraient, selon leur volonté, euthanasiés chaque année en catimini. Quand une loi oblige ainsi à se cacher et à mentir, il faut en tirer des conclusions. Avant que l’hypocrisie ne devienne la règle mieux vaut instaurer une exception d’euthanasie.
Posté le: Mar Mar 25, 2008 11:55 am Sujet du message:
DU RETARD A L'ALLUMAGE
Est-ce bien la flamme symbolique qui a été allumée hier dans la cité antique d’Olympie? N’est-ce pas plutôt une mèche qui pourrait péter à la figure des dirigeants chinois? La tournure prise par les événements montre que Pékin est loin d’avoir gagné «ses» Jeux. La radicalisation de la situation donne encore plus d’acuité au débat sur la nécessité de réactions politiques internationales. Dans ce contexte, on regrettera que Nicolas Sarkozy, d’habitude si prompt, ait eu un peu de retard à l’allumage! Le premier communiqué élyséen est tombé seulement hier. En appelant les autorités chinoises à la «retenue» et au «dialogue», le chef de l’État a assuré le service minimum jusque là rempli avec timidité par le très peu «ingérant» Bernard Kouchner. A dire vrai, devant la brutalité de la répression de Pékin face aux manifestations tibétaines, c’est aux politiques, et à eux seuls, qu’il appartient d’agir. Laisser aux sportifs, lâchés dans l’arène par un CIO totalement imprévoyant, la responsabilité d’un éventuel boycott, relèverait de la lâcheté. Les dirigeants démocratiques doivent s’approprier la devise olympique en réagissant plus haut dans les instances internationales, plus fort dans le ton et en allant plus loin dans les exigences. Si besoin est, ils ne devront pas hésiter à pratiquer la politique de la chaise vide, lors de la cérémonie d’ouverture. Il n’appartient pas aux athlètes de se sacrifier au nom de la «realpolitik». Et puis, les Chinois ont tellement peur qu’on «sabote» leurs Jeux, qu’ils nous ont fourni l’arme absolue pour les ramener à la raison. Sachons profiter dee cette aubaine pour défendre sans faiblesse les Droits de l’Homme.
Posté le: Mer Mar 26, 2008 10:09 am Sujet du message:
God save the President »Publié le 26 mars 2008 - 09:20
De grâce, qu’on ne nous accuse pas, une fois encore, de sombrer dans le people. Qu’on ne nous reproche pas de sacrifier l’essentiel aux futilités. Cette visite d’État du couple Sarkozy en Grande-Bretagne, c’est en effet l’entourage élyséen qui, à grands coups de communication, en a fait un test de réhabilitation présidentielle pour Nicolas Sarkozy. Auprès d’Elizabeth II, et sous les ors de Windsor, notre président va chercher à redonner à sa fonction un peu de majesté, si vous voulez bien nous passer l’expression. Alors que les sondages continuent de s’afficher à la baisse pour lui (encore 6 points de perdus au baromètre de popularité Ifop-Paris Match), Nicolas Sarkozy entend bien ne pas rester plus longtemps à la traîne. Pleins feux, donc, sur Sarkozy II. Vous ne nous empêcherez pas de trouver ces changements de posture bien puérils, et pour le moins paradoxaux. Nicolas Sarkozy va donc se faire tout petit garçon (d’honneur) pour obtenir le sacre républicain d’une reine indétrônable. Alors, c’est promis, notre chef de l’État se tiendra bien. Il ne jouera pas avec son portable comme devant le pape et ne confondra pas SMS et S.A.S. Il s’abstiendra de ces familiarités qui avaient fait grand tort à Jacques Chirac en d’autres temps. Et puis bien sûr, il y aura Carla, véritablement intronisée « femme de » à la face du monde. On nous la promet 100% haute couture made in France. Et cette Première Dame modèle, également chanteuse, pourrait bien, pour couronner le tout, entonner un vibrant « God save the President ».
Posté le: Mer Mar 26, 2008 10:37 am Sujet du message:
Rohlala Gamine tout ce que tu nous mets...
Va me falloir du courage pour lire tout ca.
Mais moi qui suis bien loin de France (a Seattle depuis 7 mois), j'ai peine a jauger la situation en France.
Je lis les infos sur France info; de temps a autre il m'arrive de tomber sur des articles que je trouve sur internet...
Mais voila, moi qui ai vote pour notre president, je finis par me demander si je n'ai pas vote pour un OVNI.
Lorsqu'il y a un peu plus de 7mois j'ai quitte la France, j'entendais tout et son contraire au sujet de Nicolas.
Je trouvais ridicule de le juger, comme le fesaient certains, alors qu'il venait a peine d'etre nomme president.
On entendait raciste, fasciste, sal juif, euh.. la liste est longue.
Et des le depart, je me suis inquiete pour la sante mentale de Sarkozy.
Et quand j'entendais quelqu'un dire de Sarkozy tout ce que j'ai cite plus haut, il me venait l'envie de lui dire "mais ta gueule pauvre abruti, tu crois pas qu'a force de repeter ce genre de connerie, il va pas finir par devenir reellement comme ca?"
Constat?
Pas plus tard qu'aujourd'hui, j'entendais Faye dire: Sarko est a l'image de la France, c'est a dire un ado, la preuve: Carla.
Posté le: Jeu Mar 27, 2008 10:24 am Sujet du message:
Pour une voix de moins
Publié le 27 mars 2008 - 09:20
IL a manqué une voix, hier soir sur TF1, pour le match de foot France-Angleterre: la voix de Thierry Gilardi, fauché par un mauvais coup de cœur à l’âge de 49 ans. Oui, il a manqué cette voix chaude et un peu rauque, tellement indissociable du spectacle sportif. L’émotion unanime, et même un peu surprenante, soulevée par la disparitiondu journaliste s’explique par cette puissance du phénomène audioviduel. Car le sport à la télé, ce ne sont pas seulement des images et des joueurs. Ce sont aussi des voix familières, complices des grandes émotions populaires. Thierry Gilardi était l’une de ces voix devenues rares en ces temps d’accaparement des micros par l’envahissante armée des «consultants». On avait eu Robert Chapatte, expert en cyclisme et remis en selle après les mauvais pavés de mai 68 à l’ORTF. On avait eu Roger Couderc, chantre de l’Ovalie qui avait fait aimer «ses petits» à une France inculte en rugby. Et l’on a encore Thierry Roland, retraité actif sur M6. Mais on n’oubliera pas, précisément, que l’intéressé avait été mis sur la touche en 2004 par TF1 pour cause de rajeunissement d’image et volonté de promouvoir autrement le «produit football» sur la grande chaîne privée L’immense mérite de Thierry Gilardi, «débauché» de Canal Plus à ce moment là, aura été de savoir concilier, dans une vision moderne, professionnalisme exigeant et passion assumée. Point de débordements de sa part et encore moins d’ego surdimensionné, comme chez tant de ses confrères. Voilà pourquoi, hier soir, la victoire des Bleus a été un peu triste. Pour une voix de moins.
Posté le: Ven Mar 28, 2008 9:27 am Sujet du message:
Que la justice soit digne
Publié le 28 mars 2008 - 09:20
Ce que l’on pouvait redouter s’est produit hier à l’occasion de l’ouverture du procès d’assises de Michel Fourniret et de sa femme à Charleville-Mézières. Le tueur en série, mégalomaniaque et manipulateur, a tenté de «défigurer» cette première journée d’audience en se posant en maître du jeu. En quelque sorte, il a voulu dicter sa loi au président de la cour d’assises. Refusant de s’exprimer, Michel Fourniret a brandi une feuille portant la mention: «Sans huis clos, bouche cousue». Insupportable affront pour cette justice à laquelle il voudrait refuser de rendre des comptes. Non content d’avoir volé la vie d’innocentes victimes, il entend aujourd’hui voler le procès auquel ont droit leurs familles. C’est sa manière à lui de prolonger sadiquement la souffrance des parties civiles. Michel Fourniret a déjà prévenu qu’il pratiquera sans doute la politique du «box vide» et qu’il refusera les services de ses défenseurs. Dans un courrier qu’il a remis au président Gilles Latapie, il invite même ses avocats à «recouvrer leur dignité en déclinant une commission d’office». Se décrivant lui-même comme un «être mauvais dénué de tout sentiment humain», Fourniret en rajoute dans la provocation abjecte et se présente comme «indéfendable». Ultime perversité pour se dérober au jugement des hommes. Et pour enlever tout sens au procès, il innocente en plus son épouse, Monique Olivier, présentée comme une «pauvre paumée romanesque». Oui, même aux mains de la Justice, Fourniret reste redoutablament dangereux. Il faudra beaucoup de maîtrise à la cour pour que ce procès si douloureux reste digne.
Posté le: Sam Mar 29, 2008 10:25 am Sujet du message:
Un manque de... rigueur
Publié le 29 mars 2008 - 09:49
Alors, rigueur ou pas rigueur ? Et si la question n’était déjà plus celle là mais plutôt: comment s’en sortir ? Il faut bien admettre que l’accumulation des mauvais chiffres (en dehors de ceux du chômage) rend totalement dérisoire la querelle sémantique sur la situation économique réelle du pays. Sur ce plan, la droite et la gauche gagneraient à adopter le « parler vrai ». Ce serait un signe de maturité politique. Cela éviterait aussi de bercer les citoyens de douces illusions, à des fins purement partisanes.
Quand Christine Lagarde affirme que la France résiste plutôt mieux que les autres pays à la crise financière mondiale, elle nous abuse. Regardons par exemple du côté de l’Allemagne. Mais quand les socialistes mettent toutes nos difficultés sur le dos du « paquet fiscal », ils caricaturent aussi à l’excès le problème. Au fond, le gouvernement, confronté à l’échec électoral des municipales, est contraint de donner des gages aux électeurs... sans en avoir les moyens. Et, dans l’opposition, le « paquet fiscal », mis à toutes les sauces, dispense de proposer des solutions « douces » qui n’existent pas.
Il n’est pas niable que Nicolas Sarkozy a commis des erreurs (sans doute pouvait-il différer certains « cadeaux »), mais il n’est pas contestable non plus qu’il est victime de la conjoncture internationale. Le creusement du déficit et de la dette publique vont relancer inutilement le débat sur le non respect des critères budgétaires de l’Union. Car la solution est dans les réformes indispensables à la nation.
Sauf que les citoyens, échaudés par les belles promesses, veulent bien que Nicolas Sarkozy sauve la France, mais sans qu’il en coûte aux Français.
Posté le: Lun Mar 31, 2008 11:55 am Sujet du message:
Bienvenue chez les faux-culs
Publié le 31 mars 2008 - 09:20
Bienvenue chez les faux-culs ! La banderole ignoble déployée samedi soir au Stade d’une France imbécile a déclenché, après coup, l’habituel concert de tartufferies officielles. Frédéric Thiriez, président de la Ligue professionnelle de football, et grand ordonnateur du spectacle vendu à France Télévisions, avait pourtant tout prévu pour que la soirée fut belle. Sous l’œil complice des caméras de France 3, Frédéric Thiriez, la moustache lisse et le regard brillant, vantait son « bébé » et faisait d’un match entre reléguables de L1 (Paris SG et Lens) un sommet de la saison. Hélas, il avait oublié que le seul sommet atteint par cette rencontre serait celui de la connerie humaine. En début de deuxième mi-temps, quelques abrutis-supporters parisiens ont déployé leur lamentable banderole :« Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis ». La télé, effarouchée et sans doute atteinte du syndrome chinois, n’a rien montré. Et dans la tribune officielle, personne n’a bronché. On eût aimé que Nicolas Sarkozy, Bernard Laporte et Roselyne Bachelot quittent leur place séance tenante, comme l’avait fait Jacques Chirac, un jour de finale de la Coupe de France. Parce qu’après tout il y a des moments où le boycott s’impose. Et pas seulement à Pékin ! Depuis, bien sûr, tout le monde a réagi dans une surenchère indignée. Mais c’est pure hypocrisie pour excuser des carences passées. Il ne sert à rien de faire un « exemple » en sanctionnant le club de Metz pour les propos racistes d’un spectateur, si l’on oublie la permanence du « hooliganisme parisien ». Une fois de plus, samedi, le football de Thiriez a bu la Coupe jusqu’à la lie.
Jacques Camus
Posté le: Mar Avr 01, 2008 12:03 pm Sujet du message:
En attendant Ingrid...
Publié le 01 avril 2008 - 09:32
Et Ingrid Betancourt ? Quand l’otage franco-colombienne des Farc va-t-elle bénéficier d’un droit de grâcede ses geôliers ? On ne peut que se poser cette angoissante question au soir de l’annonce de la sortie de prison des membres de l’Arche de Zoé. On est plus soulagé que réjoui de l"issue positive de la scabreuse aventure des compagnons d’Eric Breteau, « grâciés » hier par le président tchadien Idriss Deby. Evitons de trop nous interroger sur les conditions de ce « geste ». Evitons pour le moment de savoir qui payera ce qui ressemble fort à une rançon de 6,3 millions d’euros. Evitons charitablement de nous prononcer sur les fautes de nos imprudents apprentis humanitaires. Il est des moments où le rôle d’un état consiste à protéger ses ressortissants contre leur propre inconscience. Sur ce plan, Nicolas Sarkozy aura payé... de sa personne en obtenant le « pardon » d’Idriss Deby contre un soutien actif face à une attaque rebelle. Mais du coup, ce qui a été mené à bien pour les membres de l’Arche de Zoé rend plus injuste encore le sort cruel réservé à Ingrid Betancourt. Qu’offrir aux guérilleros colombiens en échange de leur clémence ? L’hospitalité en France ? On pourrait y répugner, mais là encore s’impose une forme de froid marchandage. Simplement peut-on redouter que ce qui a été obtenu lors de tractations occultes pour Eric Breteau et les siens, ne puisse l’être dans la fièvre médiatique pour la franco-colombienne. Les rumeurs angoissantes sur la santé de l’otage créent une tension dangereuse avec des ravisseurs incontrôlables. Plus la libération d’Ingrid Betancourt devient urgente et plus elle s’avère difficile à réaliser.
Jacques Camus
Posté le: Mer Avr 02, 2008 12:32 pm Sujet du message:
Le vent du boulet
Publié le 02 avril 2008 - 09:11
Désigné «volontaire d’office» pour monter au front, hier à l’Assemblée, François Fillon a essuyé les tirs à blanc de l’opposition. Oui, le débat sans vote sur l’envoi de renforts militaires français en Afghanistan, ne constituait qu’un combat d’arrière-garde puisque Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé sa décision... devant les parlementaires britanniques. C’est d’ailleurs pour laver cet affront, fait par le chef de l’État à la représentation nationale, que les socialistes avaient revêtu hier la tenue de combat et qu’ils ont déposé une motion de censure. Au demeurant, on a trouvé les troupes de gauche plutôt plus belliqueuses et pugnaces que le Premier ministre, campé sur une ligne de défense relativement prudente. Comme si ce «service commandé» avait quelque peu pesé à François Fillon, déjà encombré par le barda des réformes économiques et sociales. Alors, le Premier ministre a donné l’impression de vouloir éviter le déclenchement de trop violentes hostilités. On a même eu l’impression d’un repli tactique par rapport aux premières déclarations de Nicolas Sarkozy. Ce sont «quelques centaines de soldats supplémentaires», et non plus un millier, qui pourraient être envoyées en Afghanistan sous conditions précises. L’Elysée a même précisé en soirée que Nicolas Sarkozy ne donnera ni le nombre ni la localisation des renforts au sommet de l’OTAN qui s’ouvre aujourd’hui à Bucarest. Tout se passe comme si le chef de l’État avait mesuré, sondage à l’appui, les dangers d’une aventure militaire aux contours indéfinis. Ce débat, pas si inutile, lui aura finalement peut-être permis de sentir le vent du boulet !
Posté le: Jeu Avr 03, 2008 11:27 am Sujet du message:
Le pari du « mieux d’État »Publié le 03 avril 2008 - 09:20
A force de tourner autour du pot de la rigueur, le gouvernement va bien finir par tomber dedans. Plus les jours passent et plus les mesures de maîtrise budgétaire envisagées par le pouvoir ressemblent à un « plan de rigueur » dont on ne comprend vraiment plus qu’il n’ose pas dire son nom. Il ne se passe pas de journée sans que fuitent dans la presse des informations concernant des économies envisagées : report de la généralisation du revenu de solidarité active (RSA), fermeture d’une trentaine de garnisons dans l’armée de terre, etc... A quoi bon ces prudences de vocabulaire pour en arriver, au bout des comptes, à admettre que le roi est nu. Il fut beaucoup reproché, en son temps, à Thierry Breton d’avoir affirmé que la France vivait au-dessus de ses moyens. Plus récemment, il fut tenu... rigueur à François Fillon d’avoir déclaré le pays en état de faillite. Sauf que la peur des mots n’évite pas le danger des chiffres. Toute la question est plutôt de savoir à qui s’appliquera la rigueur en question. La révélation par «Le Monde» daté de ce jour d’un plan d’économies de 6 à 7 milliards d’euros, qui doit être arrêté vendredi en conseil de modernisation des politiques publiques, marque la fin des palinodies. Encore va-t-il falloir que soit adoptée par l’exécutif une démarche cohérente. Le plan d’économies « sans équivalent » qui va être retenu ne saurait peser sur les plus démunis. L’État devra d’abord s’appliquer la rigueur à lui-même, sans se défausser sur les collectivités locales contraintes à l’augmentation de la fiscalité. Le « mieux d’État » avec «moins d’État» est un pari que personne n’a su (ou osé) tenir jusqu’à présent. Bon courage.
Posté le: Ven Avr 04, 2008 8:33 am Sujet du message:
Editorial
Une mission périlleuse
Publié le 04 avril 2008 - 09:20
Ce n’est que lorsqu’on connaîtra le résultat de la mission humanitaire envoyée en Colombie par Nicolas Sarkozy que l’on saura s’il a magistralement manœuvré ou s’il a cautionné une imprudente aventure en faisant preuve d’ingénuité, comme l’en accuse une agence de presse colombienne proche des Farc. Tout le monde espère, bien sûr, qu’Ingrid Betancourt puisse être sauvée. Il n’empêche que l’on s’interroge sur la meilleure façon d’agir. Vaut-il mieux assumer le risque d’en faire trop ou s’exposer au remords de ne pas en avoir fait assez ? Ce sont les événements qui dicteront la réponse. Rien ne serait plus déloyal, en tout cas, que d’attendre le dénouement de l’opération pour encenser Nicolas Sarkozy ou le vouer aux gémonies. Ce qui apparaît, au moment où nous écrivons ces lignes, c’est que le chef de l’État français a agi dans ce dossier selon son tempérament, qui le pousse constamment à « faire des coups ». On souhaite seulement que cette inclination naturelle ne l’ait pas emporté sur une juste appréciation de la situation. Après la mort du numéro deux des Farc, Raul Reyes, tué dans une attaque de l’armée colombienne, la France a-t-elle encore des contactschez les Farc ? Ne néglige-t-elle pas certaines voies de négociation ? Il y a en tout cas une contradiction qui nous chagrine entre les invites du chef de l’État à la discrétion absolue et l’ébranlement médiatique autour de l’opération. En ayant lancé un appel solennel aux guérilleros avant de déclencher une mission périlleuse, Nicolas Sarkozy a engagé son crédit. Il est à souhaiter qu’il réussisse. Un peu pour lui... et beaucoup pour Ingrid Betancourt !
Jacques Camus